Ce jour-là, Jean Arthuis ne croit, sans doute, pas si bien dire. Nous sommes le 6 février 2011. Et ça se passe la Commission des Finances du Sénat. Son président (Jean Arthuis, donc) ouvre la séance de travail, consacrée "à ce sujet qui va nous occuper dans les prochaines années" dit-il: l'éco-taxe poids-lourds. A cette époque, sa mise en place est prévue pour le "courant 2012, ou le début 2013". Le sénateur le reconnaît d'entrée: "elle va requérir une longue préparation, compte tenu de son caractère innovant, tant sur le plan technique que juridique". Jean Arthuis détaille ensuite son cadre: une première directive européenne en 1999. Puis, le Grenelle de l'environnement, en 2007. La taxe est votée dans le Budget 2009.

Ajustée en 2010. Jean Arthuis précise que c'est le souvenir de ces débats (on comprend qu'ils ont été agités) qui a suscité l'organisation de cette séance de travail. Je le rappelle: on est alors en 2011, et toutes les questions soulevées par la fronde des "bonnets rouges" bretons de 2013 vont être alors posées, les problèmes pointés. L'atteinte portée à la compétitivité des entreprises bretones (de l'agroalimentaire, notamment) est dénoncée par un transporteur routier, autionné, ce jour-là. La compléxité du dispositif est aussi évoquée mais un représentant de la Commission européenne vient dire à quel point l'initiative française est essentielle: "l'éco-taxe française, différente de l'Allemande, va servir de laboratoire au reste de l'Europe" dit-il.

L'exemple allemand est beaucoup cité. Ses effets positifs, notamment: la réduction des voyages à vide des poids-lourds, le renouvellement du parc de camions, moins polluants. Si les sénateurs, au cours de cette table ronde de 2011, posent beaucoup de questions sur le montant des recettes de l'éco-taxe qui iront, directement, dans les caisses de leurs collectivités locales, ils sont aussi nombreux à s'étonner de la rémunération de l'opérateur privé, chargé de collecter la taxe: "20%, c'est considérable", dit l'un. "Exhorbitant", "très excessif" disent d'autres. Le haut-fonctionnaire, le Directeur des infrastructures, autionné également ce jour-là, ne leur apporte que cette réponse: "l'entreprise retenue est celle qui était la moins chère".

A l'amende. 2 banques françaises sont dans le collimateur de Bruxelles. Il s'agit de la Société Générale et du Crédit Agricole. Avec 4 autres grandes banques, elles pourraient, très bientôt, se voir infliger une amende "record" (en centaines de millions d'euros, sans doute) pour leur implication dans le scandale du Libor, et de son pendant européen, l'Euribor. Ce sont des taux d'intérêt interbancaires, qui servent de référence à une multitude de contrats et produits financiers. Ces grandes banques sont accusées de les avoir manipulés, à leur profit.Depuis quelques jours, un autre scandale cible le secteur bancaire: une manipulation encore, mais cette fois-ci, sur le marché des changes

Pour aller + loin

> Commission des FinancesRetrouvez le compte rendu de la séance de travail de février 2011

Le scandale LiborRappel des faits

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