Le Point, il y a quelques mois, les désignaient comme les "bêtes noires de Valls". "Amies et députées, elles harcèlent le Premier ministre" écrivait l'hebdomadaire. Le magazine ELLE, à peu près au même moment, parlaient des "siamoises anti-Valls". "Qui sont les it girls du PS?" se demandait le journal féminin. Valérie Rabault et Karine Berger, disons-le d'entrée, exaspèrent plusieurs de leurs collègues, à la Commission des Finances de l'Assemblée nationale. La première (Valérie Rabault) en est la rapporteure générale. La seconde (Karine Berger) y est très active, chargée de l'économie au PS mais pas toujours dans la ligne officielle. Hier, épaulée par un 3ème député socialiste (Yann Gallut), elles sont arrivées à faire adopter en Commission, un amendement concernant les entreprises... amendement immédiatement rejeté par le gouvernement, mais qui devrait susciter un débat agité, en séance, la semaine prochaine. En fait, il s'agit d'une nouvelle tentative visant l'une des mesures pro-entreprise les plus coûteuses par les finances de l'Etat: le Crédit Impôt Recherche. Plus de 5 milliards d'euros par an. Elle permet aux sociétés de déduire de leurs impôts, leurs dépenses en Recherche et Développement, leur R&D. Leur proposition, largement inspirée d'un rapport de la Cour de Comptes, c'est de contrer la méthode d'optimisation mise en place par les grandes entreprises. Pour contourner le plafond fixé 100 millions d'euros, certaines ont pris l'habitude de répartir leurs dépenses dans leurs différentes filiales. Résultat: ces dernières années, les grandes entreprises ont multiplié par 5 leur recours au Crédit Impot Recherche, mais augmenté seulement de 15% leurs dépenses en Recherche et Developpement. ce n'est pas du tout le même rapport pour les PME. L'amendement adopté, hier, propose, donc, tout simplement, de procéder à un calcul centralisé: au niveau du groupe, et non filiale par filiale. Rien de plus. Gain espéré: 530 millions d'euros. On pourrait dire "c'est du bon sens", sauf que François Hollande, le gouvernement, ont promis la "stabilité fiscale" aux entreprises, la "sanctuarisation" même de plusieurs dispositifs, dont le Crédit d'Impôt Recherche, l'un de nos meilleurs arguments pour faire venir des entreprises et des investisseurs en France. Et tant pis, donc, si certains se glissent dans les failles du système.

Sénat patronal. Au Sénat, passé à Droite, hier, le projet de Loi sur la simplification de la vie des entreprises a été adopté, mais uniquement avec les voix de l'UMP et du Centre. La Gauche a voté contre. Le texte est pourtant bien présenté par le gouvernement, mais 2 mesures ont été ajoutées contre son gré. 2 supressions, réclamées, à corps et à cris par le patronat: celle du compte pénibilité et celle l'obligation d'information préalable des salariés, en cas de vente d'une PME. Les députés devraient rétablir le texte dans sa version originale.

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