Nicolas Sarkozy a probablement fait une "boulette", hier. Une petite bourde. Devant 2 000 patrons réunis à Paris, le Président de la République prononçait un discours sur sa politique de soutien aux petites et moyennes entreprises. Il défendait son action dans la crise, justifiant, notamment, l'aide accordée aux banques, quand il a révélé qu'après BNP Paribas, une autre grande banque s'apprêtait à rembourser, cette semaine, l'aide de l'Etat. Ses conseillers se sont précipités pour expliquer que le Président parlait du Crédit Mutuel, qui vient de rendre à Bercy, 1,2 milliard d'euros. Mais, précicément (et même si rien n'a été rendu officiel), tout le monde sait que ce chèque a été signé la semaine dernière. Ce qui est fait n'étant plus à faire, le président parlait donc, d'une autre banque! Résultat: tous les regards se tournent depuis vers la Société Générale. Ils avaient raison puisque depuis quelques minutes, c'est officiel: la banque annonce qu'elle va rembourser l'Etat: 3, 4 milliards d'euros au total. L'opération ressemble à s'y méprendre à celle menée par la BNP: reprise des titres achetés par l'Etat (en payant les intérêts, mais sans plus-value boursière alors que le titre est passé de 19 à 52 euros), et lancement d'une augmentation de capital pour financer l'opération. La Société Générale a tout intérêt à cette accélération de calendrier: elle va se libérer, plus vite que prévu, de la tutelle de l'Etat (et on ne peut dire que le Président de la République l'a beaucoup ménagé). Et elle réalise son opération sur les marchés à un moment plutôt favorable. Dans la file d'attente, le Crédit Agricole -qui se dit "pas pressé" officiellement- pourrait être la suivante selon les pronostics des spécialistes. La BPCE _Banque populaire Caisse d'Epargne- elle, répète, qu'elle ne remboursera rien avant 2010: est-ce une surprise? Celle qui a été la plus aidée sera -peut-être, aussicelle qui remboursera la dernière! Le Medef, aussi, est contre la taxation des indemnités pour les accidentés du travail. C'est une proposition lancée par Jean-François Copé (le "chef de file" des députés UMP), soutenue par Eric Woerth (le ministre du budget), et validée par Nicolas Sarkozy. A ce stade, elle ne figure pas au projet de budget 2010 mais provoque quelques remous, y compris dans la majorité. Selon les Echos ce matin, le Médef s'apprête à se prononcer contre cette mesure. Pour l'organisation patronale, il s'agit "d'indeminités" (accordées aux accidentés du travail): elles n'ont pas une "nature de revenu" et ne doivent pas être imposées. Le patronat s'inquiète, également, de la répercussion d'une telle décision: elle pourrait l'obliger à augmenter les cotisations "accident du travail" que seules paient les entreprises. La crise du lait... suite et pas fin. la crise du lait est loin d'être désamorcée par la réunion des ministres européens de l'Agriculture hier, à Bruxelles. Sous la pression de 2 500 manifestants. Les ministres n'ont rien décidé et s'en remettent au travail d'un groupe d'experts. Les producteurs ne devraient pas appeler à la reprise de la "grève du lait". Mais des actions plus "radicales" pourraient être décidées.

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