On aimerait pouvoir se cacher dans la pièce, se faire tout petit, pour assister à la rencontre. Elle commence aujourd'hui. Doit durer jusqu'à demain. Une semaine après la fin de la grève à Air France, un conflit, terminé sans qu'aucun accord n'ait été trouvé avec la direction, les pilotes d'Air France ont rendez-vous, ce lundi... avec les pilotes de Transavia France. Les pilotes, entre eux. Ils sont tous du même syndicat, le SNPL, mais se regardent en chiens de faillence, depuis toujours. La grève, sur l'avenir de la filiale low cost d'Air France, a révélé cette rivalité, une sorte de "match dans le match" qui s'est achevé sur une franche et publique fâcherie, les pilotes de Transavia accusant leurs homologues d'Air France de négocier une sortie de crise, sur leur dos. Grosso modo, un système de passerelle d'une compagnie à l'autre qui donnerait la priorité aux pilotes de compagnie historique. "Ils se prennent pour des seigneurs" avait dit l'un des représentants des pilotes de Transavia. Le rapport de force, entre eux, est connu, et sans appel: côté Air France, ils sont 3 800 pilotes. A Transavia, il ne sont que 103. Mais, c'est ainsi, pour sortir de l'impasse, dans laquelle a débouché la grève, tous ces pilotes sont condamnés à trouver une position commune. "On va consacrer le début de notre rencontre à se dire tout ce qu'on a sur le coeur" dit un pilote de Transavia, "et puis, après, on va travailler à rapprocher nos points de vue, seule solution pour contrer la direction". La direction d'Air France qui n'a pas abandonné son projet d'accélerer le développement de Transavia. "Le temps presse", a même dit Alexandre de Juniac, le patron, auditionné la semaine dernière, à l'Assemblée nationale. Pour être opérationnel l'été prochain (réserver les créneaux horaires, constituer les équipes), il faut prendre les décisions dans le mois qui vient. Et Air France n'a que 2 choix: signer, finalement, un Accord avec les pilotes (on était tout proche). Ou bien créer une nouvelle filiale, une nouvelle entité juridique, pour contourner leur opposition. La direction a convoqué tous les personnels, demain soir, pour en parler. Et mettre la pression sur les ex-grévistes. D'où cette réunion entre pilotes (qui devait rester secrète, mais qu'on révèle, ici). D'où ce sentiment d'urgence chez un pilote d'Air France: "la 2ème manche de la grève commence aujourd'hui!".

Croissance? Les cadres ne voient pas la croissance revenir. C'est l'un des principaux enseignements de notre Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro (le retour). 65% des cadres interrogés estiment que la croissance ne reviendra pas avant 2017. 13%, par ailleurs, estiment -carrément- qu'elle ne reviendra "jamais". Le moral des cadres est à son plus bas niveau depuis la mi-2013. A la question "qui pourrait vraiment relancer la croissance économique en France?", les cadres placent les PME en tête. Pas les politiques.

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