"Vous n'aviez pas besoin de graisser la patte de qui que soit. Mais malheureusement vous l'avez fait". C'est le président du Nigéria qui avait ainsi interpelé, publiquement (en 2005) un responsable du groupe français Safran. Le président Obasanjo avait alors chiffré le montant des pots-de-vin qu'il dénonçait entre 30 et 500 mille dollars. Sans compter, avait-il ajouté, "divers cadeaux, et notamment des Rolex".Fait rarissime: hier, un groupe du CAC 40 été condamné pour "corruption active". Par le tribunal correctionnel de Paris. Et cette entreprise, c'est donc Safran, le groupe d'aéronautique, de défense et de sécurité. Condamné pour ces pots-de-vin versés, au Nigéria, pour obtenir un contrat de fabrication de 70 millions de cartes d'identité, au début des années 2000. Safran, hier, qui fait appel de cette décision, a précisé que l'affaire date d'avant sa création (la fusion entre Sagem et Snecma). Le groupe précise encore qu'il accorde aujourd'hui une importance absolue à la lutte contre la corruption. Alors, si Safran se dit en "désaccord" avec la condamnation prononcée, hier, c'est qu'elle juge "stupéfiant" (c'est l'adjectif choisi) le jugement rendu: les hauts responsables de l'entreprise, interrogés pendant l'instruction, ont bénéficié d'un non-lieu. Et les 2 cadres poursuivis, qui s'occupaient directement du contrat nigérian, ont, eux été relaxés hier parce qu'il n'y pas eu d'enrichissement personnel. Au final, seule la société Safran est condamnée pour corruption active: 500 mille euros d'amende. Elle consteste que ses dirigeants (de l'époque) aient été informés de tels actes. On verra en appel mais cette comdamation arrive, quelques jours après la révélation d'un rapport de l'OCDE sur la justice française. Un "pré-rapport", a précisé l'organisation, après un article du Canard enchaîné qui classe la France parmi les mauvais élèves en matière de lutte contre la corruption. Il pointe la rareté des enquêtes et des sanctions en matière de corruption de fonctionnaires étrangers par les entreprises française. Safran, c'est donc l'arbre qui cache la forêt. L'OCDE avait compté, avant hier, seulement 3 condamnations prononcée en 12 ans. Un chiffre qu'elle juge faible au regard du nombre des entreprises présentes dans des secteurs considérés "comme à risque de corruption" (l'armement, les transports ou les télécommunications). L'ONG Transparency International y a trouvé argument pour réclamer des moyens supplémentaires pour la police et la justice en matière de lutte contre la corruption, mais aussi le blanchiment, la délinquance financière. Bref elle réclame de refaire de la justice financière, une priorité.

En hausse. Le taux de chômage en France atteint 9,7%. Le chiffre vient d'être publié. C'est celui qui fait référence parce qu'il est "aux normes internationales". La taux de chômage, en France métropolitaine atteint 9,7%. 10,2% en comptant les département d'outre-mer.En baisse. Nokia et Motorola, à la recherche d'une place sur les marchés des téléphones mobiles, dominé par Apple et Samsung. Hier, ils ont présenté, chacun de leur côté, de nouveaux modèles de smartphones. Pour Nokia, la bourse a peu apprécié: le titre a chuté de plus de 12%.En attente. L'avenir de la zone euro, suspendu aux annonces de la Banque Centrale Européenne, cet après-midi. Mario Draghi, son président, doit dire, tout à l'heure, dans quelles conditions il entend racheter des titres de dettes des pays en difficultés.

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