C'est une affaire en milliards d'euros, une de plus, un mariage "de raison". Mais c'est aussi la fin d'une indépendance de presque 200 ans pour Lafarge, société fondée en... 1833! Et c'est aussi le départ d'un géant du CAC40, qui aura, à l'avenir son siège social en Suisse! C'est à 7 heures, tout à l'heure, que la nouvelle a été confirmée: les 2 cimentiers, le Français Lafarge, donc, d'un côté et le Suisse Holcim vont fusionner pour devenir (redevenir) le n°1 mondial du secteur des matériaux de construction, au nom très recherché: LafargeHolcim. L'opération va se faire par échange d'actions de l'un et de l'autre (une pour une), sans débourser d'argent. Un mariage entre égaux, comme on dit. Les 2 groupes présentent, évidemment, cette fusion comme une évidence. Ils se disent "complémentaires". Au niveau géographique d'abord: Lafarge est très fort en Afrique du Nord, en Chine, au Moyen-Orient. Holcim est bien implanté en Inde, en Asie, en Amérique latine. C'est en Europe où les doublons sont nombreux, et où la vente de certains actifs va sans doute être nécessaire pour obtenir le feu vert des autorités de la concurrence. Les 2 groupes se présentent aussi comme complémentaires d'une autre manière: le Français est réputé pour ses innovations, le Suisse pour sa puissance commerciale. "Les cultures d'entreprises son proches" dit-on. Les difficultés aussi, ce qui les a poussé dans les bras l'un de l'autre. D'abord la concurrence de grands groupes de pays émergents, chinois en tête: on connait le refrain. Et puis, la crise, qui a réduit les marchés, réduit les débouchés, principalement en Europe. La fusion des 2 groupes, français et suisse, doit permettre de les relancer. Pour Lafarge, de sortir de cette situation où son endettement plombait ses capacités de rebond. Pour le Français, ça a un coût... symbolique: le siège social de LafargeHolcim sera, donc, basé, à l'avenir en Suisse. Ca fait un groupe du CAC40 de plus, dont le centre s'éloigne de Paris. Mais, Lafarge a promis (notamment auprès du gouvernement et de son ministre "made in France") de maintenir et de renforcer son pôle "Recherche et devéloppement" en France. Il aussi promis de ne procéder à "aucune fermeture d'usine".

Mieux. Les cadres se sentent mieux, leur moral se redresse, nettement, ce mois-ci, selon notre "Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro". Il retrouve son meilleur niveau depuis l'été 2011, c'est-à-dire avant la crise de l'euro. Ils sont moins nombreux, que le mois dernier, à craindre une hausse du chômage, moins nombreux à anticiper une dégradation du niveau de vie. Les cadres interrogés notent surtout un regain de motivation de leurs collaborateurs.Moins bien. "S'allier avec Bouygues était intenable au plan de la concurrence": Jean-René Fourtou, le président de Vivendi explique, ce matin, et pour la première fois, pourquoi son groupe a choisi, finalement, de vendre SFR à Numéricable, plutôt qu'à Bouygues. C'est dans une interview accordée aux Echos. "Le régulateur aurait demandé des remèdes très importants", "on se serait retrouvé avec une société en décroissance, face à un concurrent surarmé". Le patron de Vivendi avance, encore, des risques sur l'emploi.

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