François Fillon, hier soir, dans le 20h de France 2. David Pujadas ne lui avait pas encore posé cette étonnante question: "Monsieur Fillon, êtes-vous plutôt musique classique, ou plutôt rock?". C'était pour faire la promotion de l'émission qui suivait. Je vous donne, quand même, la réponse du Premier ministre "euh, je suis plutôt rock, mais j'aime bien la musique classique". On regardait, donc, le 20h de France 2 hier soir. Et avant ce grand moment de télévision, François Filllon parlait de la crise. Et des moyens de s'en sortir. Le Premier ministre a rejetté l'idée d'un 3ème plan de rigueur: "pas avant la Présidentielle" a-t-on compris. Il a minimisé l'alerte de Standard & Poor's: "c'est un avertissement collectif (donc: pour l'ensemble des Européens". Et il a vanté, évidemment, l'Accord Merkel-Sarkozy de lundi: "la discipline n'est pas allemande", a dit le Premier ministre français. "Les Européens ont accepté l'euro et ses contraintes. Il s'agit juste de les faire respecter". Pour François Fillon, si la Grèce avait su qu'elle pouvait devoir payer une amende pour le dérapage de ses comptes publics, elle n'aurait pas dérapé. A l'avenir, "il y aura un effet dissuasif", concluait le Premier ministre. La sanction, donc. C'est en éteignant la télé (juste après la question musicale) que je me suis souvenu de cette tribune, publiée mardi dans le Monde. Signée André Orléan. Economiste. Spécialiste des questions monétaires et financières. L'un des 4 coauteurs du "Manifeste des économistes atterrés". Lui, conteste l'idée que la crise ne soit dû qu'à des dérives du système financier. Qu'il s'agirait, du coup, simplement de corriger. Pour lui, ce qui est arrivé montre, en fait, que ce sont les marchés financiers qui, intrinséquement, ne fonctionnent pas. Pourquoi? Parce qu'ils sont incapables de fixer le bon prix aux choses, aux biens, aux actifs qu'ils sont censés évaluer. Ce qui nous ramène à la Grèce. Avec l'instauration de l'euro, le marché lui a accordé le même taux d'intérêt qu'à l'Allemagne, ce qui ne l'a pas incité à réduire ses déficits et sa dette. C'est le marché qui a été myope. La menace de sanctions (déjà possibles, à l'époque) n'y a rien fait. André Orléan conclut qu'il faut "définanciariser l'économie". Et il faut aussi que la Banque Centrale Européenne se décide, enfin, a acheter massivement de la dette européenne. Pour ne plus laisser aux seuls marchés financiers, le soin de fixer, aveuglément et dangereusement, le prix aux choses.

440 + 500. Les dirigeants européens, qui se réunissent demain à Bruxelles, souhaitent démultiplier leurs moyens financiers contre la crise. Les 27 ne parleront pas seulement "réforme des Traités", et "renforcement de la discipline budgétaire", demain et vendredi. Selon le Financial Times, les dirigeants européens vont travailler également à renforcer les "pare-feu" mis en place, pendant cette crise. Plusieurs options seraient étudiées. L'une d'elles consiste à maintenir le FESF, le Fonds Européen de Stabilité Financière, y compris après le lancement du dispositif censé le remplacer (le MES, le Mécanisme de Stabilité Européen). Pour être plus clair: on ajouterait les 440 milliards de l'un, avec les 500 milliards de l'autre.S&P. Après son "coup d'éclat" (la mise sous surveillance négative de la zone euro), Standard & Poor's est sous feu des critiques: décision "exagérée et injuste", "trop politique", "opportuniste". L'Autorité Européenne des Marchés Financiers a rappelé, hier, qu'elle a lancé, depuis quelques jours, une enquête pour évaluer les méthodes de notation des agences.

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