En direct de Florange.

Hier, en fin de journée, un député socialiste ne savait pas dire ce qui l'inquiétait le plus: le dossier "Florange" ou la situation de Jérôme Cahuzac. Au sujet du ministre du budget et du compte en Suisse, il affirme: "je suis catastrophé après l’écoute de l’enregistrement de Médiapart. Ca commence à prendre la même tournure que l’affaire Woerth”. Au sujet de Florange, le député PS prend la défense du Premier ministre, face à Arnaud Montebourg. "La nationalisation, c'est comme l'arme nucléaire, elle ne doit servir qu'à dissuader. On ne doit jamais s’en servir". Puis, convaincu que la solution était vouée à l’échec, il dresse la liste des obstacles à une nationalisation du site de Florange: “trop chère” (c’est l’argument de Jean-Marc Ayrault), “trop incertaine” sur le plan industriel (“le marché de l'acier trop étroit, et il est en récession”. On prédit, effectivement, une année 2013 en recul encore). Cet élu socialiste cite aussi la question des brevets industriels de Mittal, "logés au Luxembourg" dit-il, et qu'on n’aurait pas pu utiliser, à Florange. Enfin, il souligne que Mittal, "groupe puissant", aurait, sans doute, une fois exproprié, actionné tous les leviers à sa disposition pour fermer les marchés de l'acier, et “briser” un Florange nationalisé. “Ne pas faire confiance à Mittal, Mittal-le-prédateur”: c’est, peut-être, le seul point commun qu’on trouve avec “l’autre moitié” du groupe PS. Je dis “moitié” mais ce n’est pas une estimation, je veux dire avec ceux, nombreux au PS, qui croyaient à l’idée de nationaliser Florange. Un autre député PS l’affirme: les 3 conditions étaient réunies: 1- il y a un enjeu stratégique fort: garder notre acier (il est de bonne qualité, ici) 2- la rentabilité du site est possible et 3- il y a, il y avait un partenaire industriel crédible pour accompagner l’opération. Très déçu par le choix de Jean-Marc Ayrault et François Hollande, ce député PS dit ne pas regretter leur virage “social-démocrate” dans cette affaire, il regrette plutôt qu’il soit si mal assumé. Et surtout si peu abouti: “il faut maintenant pousser cette logique au maximum, comme dans les pays qui privilégient le dialogue social, et convoquer une réunion tripartite Etat, syndicats et direction de Mittal. Pour s’assurer, définitivement, du respect des engagements pris”.

Une multinationale plie. Il ne s’agit pas de Mittal, mais de Starbucks, la chaîne de cafés. Elle est accusée, de l’autre côté de la Manche, de contourner l’impôt, de pratiquer ce qu’on appelle de “l’optimisation fiscale”. Face au tollé général, devant surtout les accusations d’une Commission du Parlement britannique, Starbucks vient d’annoncer qu’elle renonce à certains avantages fiscaux, et qu’elle va payer, environ 20 millions de livres au Trésor britannique, ces 2 prochaines années.

Nouveau va-et-vient au CAC40. Après la sortie de PSA en septembre dernier, c’est Alcatel-Lucent qui va, à son tour, quitter l’indice phare de la Bourse de Paris: l’entreprise ne remplit plus les critères. C’est Gemalto, spécialiste de la carte à puces, qui la remplacera.

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