C'est l'affaire Bettencourt qui avait retardé son départ, l'année dernière. Et c'est, finalement, cette même affaire, qui précipite aujourd'hui, sa mise à la retraite. Ce n'est pas encore officiel, mais confirmé de "sources proches du dossier": Lyndsay Owen-Jones va quitter la présidence de l'Oréal. La décision devrait être entérinée jeudi, lors d'un Conseil d'administration. Et c'est le 17 mars prochain qu'Owen-Jones laissera la place à Jean-Paul Agon, le directeur général de l'Oréal, qui deviendra donc P.-DG, et seul "maître à bord". En apparence, voilà l'exemple parfait d'une gouvernance d'entreprise réussie: un patron charismatique -23 ans passés à la tête de l'entreprise, 23 ans (ou presque) de "croissance à 2 chiffres"- qui passe le relais, sans soucis, sans heurt, au dauphin qu'il s'est choisi. Owen-Jones qui a été très longtemps le patron le mieux payé de France ne s'accroche pas. Et c'est un exemple plutôt rare. Simplement, restera-t-il administrateur de l'Oréal, et "président d'honneur" du groupe. Lindsay Owen-Jones l'avait expliqué un jour: "l'entreprise doit être dirigée par des gens jeunes". En 2006, il avait, donc, cédé la Direction générale. Et la présidence de l'entreprise, il devait l'abondonner l'année dernière. Mais en 2010, la crise frappe fort et secoue le groupe: ce n'est plus le moment de partir. Et surtout, "l'affaire Bettencourt" bat son plein: la famille, première actionnaire de l'Oréal, se déchire. "Quitter le navire pris dans une telle tempête" devient impossible: son mandat de président est donc reconduit pour 4 ans. Mais le "grand déballage public" de l'affaire Bettencourt finit par le rattraper, lui le "patron modèle". On apprend d'abord que c'est lui a conseillé à Liliane Bettencourt de faire de Patrice de Maistre, le gestionnaire de sa fortune. On découvre, ensuite, qu'il a -"pour faire plaisir à Madame"- accordé un contrat de prestation artistique à François-Marie Banier (plus 700 mille euros par an). Enfin, les enquêteurs tombent sur un "don" de la milliardaire -don de 100 millions d'euros- au bénéfice de Lindsay Owen-Jones. Il s'en ai expliqué, un jour: "j'était le patron de l'Oréal, mais aussi l'entrepreneur délégué des Bettencourt". D'où cette petite "gratification". Qui devait restée secrête et dont la révélation n'a pas vraiment plu à l'autre grand actionnaire de l'Oréal, le Suisse Nestlé. On n'est plus, pour le coup, dans la "gouvernance d'entreprise idéale" quand on privilégie un actionnaire par rapport à un autre. Nestlé l'aurait fait savoir à Owen-Jones: "la confiance est rompue". Owen-Jones a, donc, décidé de se souvenir de sa promesse: il partira le jour de ses 65 ans. Des gens "heureux". 7 cadres sur 10 se disent, aujourd'hui, "heureux au travail": c'est ce qui ressort de notre Baromètre mensuel France Inter-Viavoice-HEC-Le Figaro. C'est un résultat qui "tranche" franchement avec la morosité ambiante. Les cadres interrogés mettent en avant, non pas leur rémunération, non pas la reconnaissance de leur hiérarchie ou de leurs équipes mais tout simplement l'amour de leur métier, qu'ils jugent "intéressant, épanouissant". "L'ambiance au travail" est aussi l'une des raisons avancées. Fusion. Le Français Sanofi-Aventis en passe de racheter le laboratoire américain Genzyme, spécialisé dans les maladies rares. Il doit sortir prochainement un traitement expérimental contre la sclérose en plaques. Les discussions entre les 2 labos se sont accélérées, ce week-end et devraient s'achever dans les tout prochains jours. Coût de la transaction pour Sanofi: 20 milliards de dollars.

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