12 "pastilles" d'explosifs, 2 bonbonnes à gaz, une grenade artisanale à billes, un dispositif "brise tympan", 40 kilos de boulons de grosse taille, de la ferraille coupante... et (plus classique) des fumigènes, des gros pétards et de la peinture... c'est ce qu'affirme avoir saisi, hier, la Police française à l'occasion d'une fouille... de la fouille systématique de tous les cars affrêtés par les salariés d'Arcelor Mittal, qui souhaitaient aller manifester, devant le Parlement européen, à Strasbourg. Les cars "français", partis de Florange, ont été fouillés, mais sont passés. En revanche, ce sont dans les cars en provenance de Belgique, du site Arcelor de Liège précisement, que la Police française a découvert cet arsenal. C'est le Procureur de la République qui avait ordonné ces fouilles systématiques, au vu des violences constatées en Belgique, fin janvier. Au final, une bonne partie des cars "belges" (il y en avait une vingtaine, au total), une majorité d'entre eux, a dû faire demi-tour. "Ils nous prennent vraiment pour des terroristes" a déclaré le responsable de syndicat belge, FGTB. A Strasbourg, les manifestants, salariés d'Arcelor Mittal, n'ont, au final, pas pu approcher le Parlement. Il y a eu des échauffourées, des blessés, du mobilier urbain détruit. Voilà, peut-être, les prémisses de "l'implosion ou l'explosion sociale" que Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, dit craindre. On sait que les "RG", les renseignements généraux, ont été mobilisés, récemment pour alerter les autorités, de toute menace de radicalisation. Hier, à Strasbourg, les manifestants sont, en tout cas venus, demander à l'Europe de ne pas "abandonner la sidérurgie", de "faire preuve de courage pour mettre au pas les pouvoirs financiers". Les salariés d'Arcelor Mittal visent directement, leur patron, Lakshmi Mittal. Hier, il a annoncé des pertes "record" pour 2012. 3,7 milliards de dollars, c'est colossal. Mais, il s'agit pour l'essentiel, de dépréciations d'actifs, d'écriture comptable, l'exploitation, stricto sensu, continue de dégager du cash. Sauf en Europe. La demande d'acier y a reculé de 9%, l'année dernière. De 30% depuis 2007, ce qui justifie, pour Arcelor Mittal, les fermetures de sites décidées. Lakshmi Mittal ne voit pas, d'ailleurs, l'Europe se redresser rapidement mais il estime que sa base industrielle est aujourd'hui adaptée au marché européen. "Il n'y donc pas d'autres mesures importantes à attendre de notre part" promet-il, ce matin, dans une interview accordée aux Echos. Autrement dit, quand il aura fermé Florange, fermé Liège... il s'arrêtera là.

Départ. Le patron d'Alcatel-Lucent s'en va. L'équipementier télécoms vient de l'annoncer. Ben Verwaayen, le Directeur Général d'Alcatel-Lucent ne sollicitera pas un nouveau mandat. Il s'achève théoriquement le 7 mai prochain. On ne sait pas, à ce stade, s'il a vraiment souhaité ce départ, ou s'il paie pour les mauvais résultats de son entreprise: 1,3 milliard de pertes en 2012. Chez Alcatel en tout cas, les patrons donnent l'impression de vouloir quitter le navire. Récemment le président du Conseil d'administration, Philippe Camus, avait fait savoir son intérêt pour aller présider une autre entreprise, EADS.Pas le samedi. C'est inquiètant, si on considère qu'on finit toujours par suivre l'exemple des Américains. Aux Etats-Unis, la Poste vient d'annoncer qu'elle va cesser de distribuer le courrier le samedi. Seule la livraison de colis et paquets sera maintenue. Pour la Poste américaine, en grande difficulté financière, ce sont 2 milliards de dollars, qui seront ainsi économisés.

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