Renault et le gouvernement semblent s'être réparti les rôles dans la gestion médiatique de l'affaire d'espionnage présumé qui frappe le constructeur français. A l'entreprise, le silence quasi-absolu. Au gouvernement, et précisément à Eric Besson, le ministre de l'Industrie, la parole et la "dramatisation". Chez Renault, c'est patent: la consigne, c'est bien d'en dire le minimum! Le service de presse ne dit rien aux journalistes. Ou presque. Quand aux salariés, ils sont priés de se taire: dans un mail interne, envoyé hier, le n°2 du groupe, Patrick Pelata appelle ses employés à "la réserve". "Les rumeurs, écrit-il, sont de nature à porter atteinte à l'image et à l'efficacité de Renault". Résultat: depuis la révélation de l'affaire, mardi soir, on n'a pas appris grand chose. On sait que c'est le programme "voiture électrique" qui est en cause. On sait que 3 cadres, dont 1 membre du comité de direction, sont visés. Et depuis hier soir, on sait aussi que tout ça pourrait finir finir au Tribunal. "Nous allons inévitablement vers un dépôt de plainte" a affirmé le directeur juridique de Renault. Sans dire si ce sera contre les 3 cadres mis à pied, ou contre une entreprise, un concurrent par exemple, qui serait le commanditaire ou le destinataire, du vol de ces secrets industriels. Selon le Figaro, ce matin, qui cite des "sources internes" à l'entreprise, mais aussi les services secrets français, la "piste chinoise" serait privilégiée. Pour Eric Besson, en tout cas, "l'expression "guerre économique", parfois outrancière, est parfaitement adaptée" dans cette affaire. Pour Renault, il ne peut plus rien faire. Mais, ses malheurs servent d'électrochoc. Des mesures s'annoncent. Bercy, ainsi, va demander aux entreprises françaises de renforcer leur sécurité. Ca pourrait devenir une condition, par exemple, pour obtenir les milliards du Grand emprunt. Bercy imagine, même, pouvoir, à l'avenir, sanctionner les entreprises laxistes! Et puis, Eric Besson veut accélérer un projet qu'il a trouvé sur son bureau en arrivant dans ce ministère: la création, d'un cachet "confidentiel entreprise", ou "confidentiel industrie". Il permettrait de protéger des documents internes, des projets, des procédés de production non encore brevetés. Mais, le risque serait alors, comme pour le "confidentiel défense" dont il s'inspire, de tranformer cette protection en outil pour verrouiller l'information et cacher certaines vérités. L'équilibre est délicat. Une analyse juridique du projet est en cours au Conseil d'Etat. Les Français dépensent, en moyenne chaque mois, plus de 60 euros pour communiquer! 35,5 euros pour le téléphone fixe, y compris les "box"). Et presque 27 euros pour le mobile: c'est montant des factures moyennes des français, chaque mois (attention, il s'agit de données hors taxes). Ce sont des chiffres que publient l'Arcep, l'Autorité de régulation des télécoms. Fixe ou mobile, nous passons, en moyenne, plus 5 heures au téléphone par mois. C'est vraiment une moyenne, parce que pour certains, c'est beaucoup, beaucoup plus. Nous envoyons (toujours en moyenne mensuelle) 134 SMS. CAC 40... milliards! Selon les Echos ce matin, les entreprises du CAC 40 s'apprêtent à distribuer 40 milliards d'euros de dividendes, au titre de l'année 2010. C'est un record. Les anciennes entreprises publiques, aujourd'hui totalement ou partiellement privatisées... Total, GDF Suez ou encore France Telecom... font partie des plus généreuses envers leurs actionnaires.

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