C'est par un communiqué laconique que la banque a fait cette annonce, hier, devançant d'un bon mois, la publication officielle de ses résultats pour le 2ème trimestre 2009. "La Société Générale devrait être légèrement bénéficiaire", affirmait, donc, ce communiqué. Une bonne nouvelle, après un premier trimestre négatif (une perte de 300 millions d'euros), mais une bonne nouvelle immédiatement sanctionnée à la bourse de Paris : le titre Société Générale a perdu 3% spontanément, avant de se redresser, légèrement, dans l'après-midi (-1,78% au final, dans un contexte, il est vrai, plutôt maussade). C'est souvent, comme ça avec la bourse. On est pris à contre-pied par des spécialistes qui savent lire entre les lignes. Qui se méfient, en tout cas, des apparences. "Légèrement bénéficiaire"?... ça veut dire quoi exactement commente, ce matin, un analyste, qui se demande si, finalement, la formulation retenue ne veut pas signifier, tout simplement, que la Société Générale restera "dans le rouge" pour l'ensemble du premier semestre 2009 : les (légers) bénéfices du 2ème trimestre ne compensant pas les (vraies) pertes du premier. En économie donc (comme ailleurs) les mots comptent. Mais ce sont, quand même, les chiffres qui priment. Hier, la banque a ainsi confirmé qu'elle va devoir passer de nouvelles écritures comptables, qui vont "plomber" ses comptes. 1 milliard 300 millions qui vont s'inscrire en négatif, résultat du "resserrement significatif des spreads de crédit". C'est barbare... mais décrypté (et si j'ai bien compris), ça signifie que le dispositif de la banque, qui lui sert à "couvrir" une partie de sa dette, joue en sa défaveur, en ce moment, ce que les spécialistes anticipaient mais pas dans de telles proportions : d'où, la déception. D'autant que la banque va passer encore, dans ses comptes du 2ème trimestre, un autre gros milliard pour se prémunir contre certains risques. Là encore, traduction : l'impact de la crise, sur les comptes des banques, n'est pas terminé. Certains diraient "il reste des cadavres dans le placard". Hier, à Genève, le directeur général du FMI a rappelé que les banques (il n'en a cité aucune, évidemment) n'ont pas terminé le nettoyage de leurs fameux actifs "toxiques", actifs pourris. Le disque semble un peu rayé, mais Dominique Strauss-Khan l'a redit : la croissance économique ne reviendra que quand ce travail sera totalement terminé. Eric Woerth ne veut pas entendre parler de "chèques verts" ! C'est Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie, qui a évoqué, ce week-end, cette idée : l'envoi de chèques aux ménages les plus modestes pour compenser la future taxe carbone, qui sera payée sur l'essence et le gaz. Dans un entretien accordé au "Figaro", ce matin, le ministre du budget affirme qu'il n'est pas favorable à cette idée. "Voilà 30 ans que l'Etat fait des chèques !" affirme Eric Woerth. "Etre responsable vis-à-vis de nos enfants, ce n'est pas leur laisser une planète propre. Et une montagne de dettes". Fin de citation. Le dimanche, et les grands patrons... Le travail du dimanche, à partir d'aujourd'hui, en discussion à l'Assemblée nationale, mais aussi -autre sujet sensible !- le salaire des grands patrons. La mission d'information, réunissant 10 députés de Droite et de Gauche, rend son rapport, cet après-midi. Elle dénonce certains abus (limités) et avance 16 propositions. Notamment l'interdiction des retraites chapeau, et la limitation des stock-options et des jetons de présence.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.