En 2003, en pleine réforme des retraites, c'est vers la CFDT que les regards se tournaient: le syndicat de François Chérèque, dragué par le gouvernement d'alors (celui de Jean-Pierre Raffarin), avait finalement donné son accord à la réforme. Cette année, nouvelle réfome mais, alors que la CFDT organise, à partir d'aujourd'hui à Tours son 47ème Congrés, plus personne n'attend un quelconque signal positif du syndicat. Plus personne, parce que, cette fois-ci, le gouvernement semble avoir choisi un autre interlocuteur "privilégié": le Medef! Alors évidemment, ce sont les syndicats qui le disent comme ça. Mais en 3 points, et 3 rappels, leur démonstration fait mouche. D'abord, sur l'âge légal. Depuis quelques temps, sur internet, circule une vidéo, datant de 2008, dans laquelle on voit Nicolas Sarkozy rejeter, toute idée d'une remise en cause de la retraite à 60 ans: "Je ne le ferai pas, dit le Président, parce que je n'en ai pas parlé pendant ma campagne et que je n'ai pas le mandat pour faire cela". Nicolas Sarkozy réagit alors à une proposition formulée, très précisément, par le Medef: "repousser l'âge de départ à 63 ans et demi, c'est la solution" venait d'affirmer Laurence Parisot! Aujourd'hui: passer progressivement à 61, 62, 63 ans: c'est bien le projet de l'Elysée! Laurence Parisot obtient satisfaction. Pour la forme, elle rechigne sur quelques points, mais ne s'en cache pas: elle est "plutôt satisafaite" de la tournure prise par les événements. Elle peut aussi se réjouir d'entendre le gouvernement la suivre sur un autre point: le travail des seniors. C'est un problème qui commence à être résolu, dit-elle, par une prise de conscience des employeurs. "Ce n'est pas un prélable à la réforme" poursuit Eric Woerth qui pense, comme le Médef, que, mécaniquement les choses s'amlioreront avec le recul de l'âge légal. Reste le dernier point: la pénibilité. Des concessions sur ce point auraient été perçues comme une compensation, accordée aux syndicats, "fâchés" par la remise en cause des 60 ans. Beaucoup les attendaient. Mais, il n'y en aura pas. Eric Woerth, jeudi dernier, a affirmé préférer l'idée d'une approche individuelle de la pénibilité: c'est une visite médicale, au moment du départ à la retraite, qui dira si le travailleur est "anormalement usé" (si je peux le dire ainsi). Les syndicats sont fous de rage. Le Medef est ravi: c'est sa proposition. Le moral des cadres n'a jamais été aussi bas! Un record à la baisse "historique", selon notre baromètre mensuel France Inter, Vivavoice, HEC, le Figaro économie, et France 24. Le moral des cadres s'effondre. Et se situe, aujourd'hui, en dessous de son niveau d'octobre 2008, c'est-à-dire après la chute de Lehman Brothers. C'est la crise de la zone euro qui "plombe" ainsi l'humeur des cadres. Ils estiment, également, que la croissance économique n'est pas prête à faire à son retour en Europe. 1,19 dollar. l'euro est passé, ce matin en Asie, en dessous de 1,19 dollar. La bourse de Tokyo est forte baisse. C'est toujours la situation européenne qui inquiète. Aujourd'hui, les gouvernements allemand et britannique doivent annoncer, chacun de leur côté, de vastes mesures d'austérité. Eurogroupe. A Luxembourg également aujourd'hui: réunion des ministres des Finances de la zone euro. Ils doivent -enfin!- valider le Plan de stabilisation à 750 milliards euros.

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