Ce ne sont pas les milliards qui lui font peur, il en laisse 11 dans la trésorerie d'EADS, la maison-mère d'Airbus qu'il vient de quitter. Lui, ce serait plutôt les millions qui l'effrayent: ceux qu'on accorde aux grands patrons, et qu'il refuse. Il s'estimait "trop payé" à EADS (3 millions, par an) et reversait sa part variable à des associations caritatives. Louis Gallois disait la semaine dernière, au sujet de la limitation des salaires des grands patrons que souhaite le gouvernement: "c'est raide pour certains (...) mais ça laisse 600 mille euros par an. On peut quand même vivre avec 600 mille euros" (personnellement, je n'en sais rien, mais je veux bien essayer). C'est cet homme, Louis Gallois, patron de gauche, ancien des cabinets Chevènement et ancien président de la SNCF (avant d'aller "déminer" les querelles franco-allemandes chez Airbus), c'est Louis Gallois, que François Hollande a nommé, hier, Commissaire général à l'investissement. Autrement dit, c'est lui qui va gérer, désormais, les milliards du "Grand Emprunt Sarkozy". Il remplace René Ricol, proche de l'ancien Président, et qui a démissionné, après la défaite. 2 hommes, plutôt consensuels, se croisent, donc, à un poste prestigieux, convoité et stratégique. La gauche avait critiqué ce "grand emprunt" à sa création. Elle est, sans doute, heureuse aujourd'hui, de constater qu'il reste 9 milliards, sur les 35 à l'origine. 9 milliards d'investissements à venir, ce qui constitue un "levier" non négligeable pour la croissance. Et qui fait de Louis Gallois, par ailleurs à la tête d'un think tank industriel, "la fabrique", financé, notamment par UIMM)... ce qui fait de Louis Gallois, chantre de la baisse des charges patronales, une sorte de "ministre du redressement productif -bis". Il existe, en tout cas, un lien direct entre les 2. Dans le "vrai" ministère du redressement productif, à Bercy, c'est aussi un ancien d'EADS (Stéphane Israël) qui dirige le cabinet d'Arnaud Montebourg.

10 milliards. Pierre Moscovici a chiffré les efforts budgétaires qui nous attendent. A vrai dire, le ministre de l'Economie, hier, n'a pas été aussi clair que ça mais il s'est (un peu) trahi en "chargeant" le bilan du gouvernement Fillon: "si on ne fait rien, a-t-il dit, le déficit sera de 5% cette année, et 4,2% en 2013". Or, les objectifs fixés sont, respectivement, de 4,5 et 3%. Les Echos ont fait le calcul: dès cet été, le gouvernement va devoir trouver, environ, 10 milliards d'euro. Des économies nouvelles et des impôts supplémentaires.10%. Le taux de chômage en France (il vient d'être publié par l'INSEE). Il atteint 9,6% en métropole. 10%, avec les départements d'outre-mer. Michel Sapin, ce matin, promet des moyens supplémentaires pour Pôle emploi.

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