Il n'en démord pas. Comme si la campagne n'était pas finie: "la France va droit dans le mur". Gilles Carrez, député UMP et expert des questions budgétaires (il était jusqu'ici le rapporteur de la Commission des Finances, à l'Assemblée nationale), Gilles Carrez ne croit pas au programme économique du nouveau Président. Hier soir, il n'était pas à la Mutualité, où Nicolas Sarkozy a prononcé son discours de défaite. Il n'était même pas à Paris. Mais chez lui, au Perreux, dans le Val de Marne, dont il est le maire. Bref, il était chez lui, devant sa télé. "J'aimerais que les choses soient différentes, que les questions de société, par exemple, soient prioritaires. Mais c'est comme ça, et c'est désolant: ce sont l'économie et les questions financières qui dominent aujourd'hui". Pour Gilles Carrez, Nicolas Sakozy, dont il n'a pas assumé toutes les décisions, est victime de la crise. Il paie, aussi, pour les réformes qu'il a menée: celle des retraites, et celle de l'Etat, avec le "1 sur 2" (le non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2, partant à la retraite). Celles-là même que François Hollande s'apprête à revoir. "Ce qui va nous mettre, très vite, selon Gilles Carrez, dans une situation extrêmement délicate". Le député UMP ne croit pas à la relance, même modeste, que s'apprête à mener le nouveau Président. "Relancer les dépenses publiques, c'est mortifère" affirme Gilles Carrez, qui rejette ce qu'il appelle les "vieilles recettes", la multiplication des emplois aidés ou l'embauche de fonctionnaires. Il regrette, aussi l'abandon annoncé de la TVA sociale, dernier projet du quinquennat Sarkozy, et dont le décret d'application -c'est incroyable!- a été publié au Journal officiel, hier jour de l'élection. Le rapporteur UMP du budget reste convaincu que la stratégie économique menée, par la Droite, depuis la crise, était la bonne. Et surtout, qu'il n'en existe pas d'autres: "en 2011, on a fortement réduit le déficit, sans tuer la croissance" explique-t-il. Avant de raccrocher, et comme pour se rassurer lui-même, il affirme, qu'au sein de la Comission des Finances, où il règle, selon lui, à Droite comme à Gauche, une "vraie conscience des choses", des députés PS lui auraient assuré que François Hollande saura être prudent. Et qu'il n'appliquera pas tout son programme.

Athènes, avant Paris. Sur les marchés, c'est la Grèce qui inquiète. L'euro est en recul, ce matin, sur les places boursières asiatiques. La monnaie européenne est en dessous d'1 dollar 30. Et c'est, d'abord, la situation politique en Grèce qui pèse: les 2 grands partis, conservateur et socialiste, qui soutiennent la cure d'austérité imposée au pays, n'ont plus la majorité absolue au Parlement grec.Et Berlin? Pour la France, les investisseurs attendent, maintenant, le résultat des Législatives pour évaluer les marges de manoeuvre de François Hollande. Un Accord, avec Angela Markel, pour une réorientation de la politique européenne vers plus de croissance n'est plus jugée impossible. "Nous allons travailler à un pacte de croissance" a déclaré dès hier soir, le ministre allemand des Affaires étrangères.

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