Un document à charge pour l'ex patron de France Telecom

Didier Lombard est toujours mis en examen pour harcèlement moral après la vague de suicide. Ce matin le journal Le Parisien publie un compte rendu de réunion, daté de 2006. L'objectif d'arriver à 22 000 départs volontaires y est clairement formulé. "Notre seule chance d'atteindre les 22 000, c'est de sortir de la politique de la mère poule", dit celui qui était alors PDG. "En 2007 je ferai les départs d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte."

Nouveau plan d'économie en vue à la société générale

Bénéfice en chute libre au premier trimestre. La banque veut gagner 900 millions d'euros d'ici 2015.

"Ils nous cassent les pieds à Bercy"

Les paroles seraient celles du président de la République lui même, si on en croit le Canard Enchainé . Elles font suite au couac sur le rachat du français Dailymotion par l'américain Yahoo. Bloqué par le Ministre du redressement productif. François Hollande serait très en colère contre ses collègues de l'économie et du numérique. Pas assez solidaires...

L'Histoire du Jour: sables émouvants

De l'émotion et un peu de colère aussi. Il y a eu tout ça hier de la part de Joe Oliver, le Ministre canadien des ressources naturelles.

Plantons le décor : ça se passe sous les lustres, au très chic cercle de l'union interalliée à paris.

Dans la salle, des représentants de Total, du Crédit agricole, d'Areva. La chambre de commerce France-Canada invite et l'objectif est simple. Joe Oliver vient défendre les sables bitumineux qu'on peut, en gros, presser pour en extraire du pétrole. C'est la principale source d'hydrocarbure du canada, leader mondial de cette production.

Le ministre est donc en pleine tournée de lobbying. Paris hier, Bruxelles, aujourd'hui. Dans son viseur : une directive européenne en préparation, elle vise à réduire l'empreinte carbone des carburants fossile et menace de classer comme "sale" les sables canadiens.

Injuste, pour Joe Oliver. Car d'autres pays comme le Venezuela et la Russie sont moins transparents, sur leurs émissions. Nous, nous avons investi 8 milliards d'euros pour réduire l'émission de CO2. Et puis assure-t-il, avec la hausse de la demande cette source d'énergie va devenir indispensable à l'économie mondiale donc européenne.

Le plaidoyer s'achève sur une menace : celle de saisir l'OMC si cette directive discriminatoire était votée. Discours très compréhensible, selon l'Union française des industries pétrolières. Pénaliser les sables bitumineux ferait grimper à terme le prix des pétroles légers, ça pourrait y compris pénaliser le raffinage français. Sans compter, que Total, notamment travaille sur l'exploitation de ces sables.

Aujourd'hui nous explique le président de l'Ufip, cette position canadienne est surtout de principe. Car ils n'exportent pas vers l'Europe.

Mais voilà, Thomas Porcher, économiste spécialisé dans l'énergie, émet une hypothèse : le Canada produit chaque jour 2 millions de baril d'or noir, il espère passer à 4 millions en 2020. Or le voisin américain préfère les gaz et l'huile de schiste. L'Asie a, non loin d'elle, le pétrole proche-oriental moins cher à extraire. Alors à long terme il faut éviter de se couper de l'Europe, marché relativement captif.

Quant à l'argumentaire canadien, nous dit notre expert, il n'y a pas de pénurie mondiale de pétrole aujourd'hui. Et la voix du ministre a peu de chance d'être entendue, car en Europe, on a choisi la transition énergétique.

Dans son discours hier Joe Oliver parlait de réconcilier l'économie et l'environnement.

Apparemment ce n'est pas encore gagné.

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