Une chronique de Sara Ghibaudo. ____ La France a officiellement révisé, hier, sa prévision de croissance à la baisse - pas plus de 0,5% l'année prochaine. Le Fonds Monétaire International annonce la pire récession depuis l'après-guerre pour les pays développés et demande un plan de relance. Les économistes du FMI sont parmi les plus pessimistes aujourd'hui. Ils prévoient un retournement comparable à ceux de 1975 ou 1982, avec une baisse du PIB en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis, au Japon. La croissance va ralentir dans les pays émergents. Les banques, les fonds d'investissements qui ont beaucoup perdu en bourse, retirent leurs capitaux - ce qui risque de déstabiliser encore les monnaies de certains pays. Le FMI dirigé par Dominique Strauss-Kahn s'engage dans le débat économique. Il appelle à un plan de relance mondial - sur le plan monétaire d'abord - pour tenter de relancer le crédit. Beaucoup a déjà été fait. Plusieurs banques centrales comme la BCE ont encore baissé leur taux hier et les bourses ont continué de plonger. Si on ressort les manuels d'économie, on est dans ce que ce Keynes appelait la trappe à liquidités, explique l'OFCE. Abaisser le coût du crédit ne permet pas aux entreprises et aux ménages d'y avoir accès, parce que personne ne veut leur prêter. Les banques se méfient de tout le monde et aussi d'elles-mêmes. Elles n'achètent plus que des bons du Trésor de la dette publique. Le FMI demande donc aussi des mesures budgétaires pour soutenir la consommation aux Etats-Unis. La majorité démocrate prépare un nouveau plan de relance, mais l'Europe n'arrive pas à se mettre d'accord, au risque que chacun n'adopte des plans pour défendre ses intérêts au détriment des autres - l'automobile en Allemagne par exemple. La France n'a pas franchi le pas non plus. Il y a eu beaucoup d'annonces. La baisse de la taxe professionnelle, les contrats aidés... mais ces mesures sont, au total, difficiles à chiffrer et pour le moment, elles sont sans doute bien trop faibles pour faire repartir la machine. L'Etat français a pris le contrôle des anciens chantiers navals de l'Atlantique. L'Elysée l'a annoncé hier soir. L'Etat va acheter un peu plus de 33% du capital, une minorité de blocage, pour 110 millions d'euros ; alors qu'il avait annoncé en juin vouloir acquérir seulement 9% de l'entreprise. Les chantiers emploient 3 000 personnes à Saint-Nazaire. Le baril de brut est descendu cette nuit en Asie en dessous de 60 dollars. Du jamais vu depuis mars 2007, mais c'est surtout à cause du ralentissement économique. L'agence internationale de l'énergie prévient que, faute d'investissements dans la production, le baril devrait remonter durablement au dessus de 100 dollars. Le Parlement argentin vient de voter ce matin une loi qui élimine les fonds de pension privés et qui nationalise les caisses de retraites.

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