Ca ressemble, un peu, au film "Un jour sans fin". (vous savez) L'histoire de ce journaliste, interprété par Bill Murray, qui revit indéfiniment la même journée, les mêmes événements. Aujourd'hui, comme le 24 août dernier, les journalistes sont, donc, conviés à Matignon pour une nouvelle conférence de presse du Premier ministre, consacrée à la rigueur: un sentiment de déjà vu. François Fillon, sans doute pas mécontent de jouer les "pères-la-rigueur", lui qui avait parlé d'un Etat français "en faillite", dès 2007, s'apprête à répéter ce qu'il avait dit en août dernier: la France doit montrer qu'elle est déterminée à maintenir sa "trajectoire" budgétaire. Celle envoyée à Bruxelles, et à nos partenaires européens. Celle qu'ont validée les agences de notation. La croissance ralentit. Mécaniquement, les recettes budgétaires diminuent. Sans attendre comme on l'aurait fait avant, surtout dans une période préélectorale, il faut donc redresser la barre. Cela dit, cette fois-ci, on sent bien que le Premier ministre, et le Président de la République qui a évidemment arbitré les mesures, ont décidé de ne pas s'y prendre exactement comme la dernière fois. Exit le festival des mesures "de poche", censées être indolores, mais qui, au final, font polémique et secoue jusque dans la majorité. On pense à la taxe sur les riches, la taxe soda ou la TVA pour les parcs à thèmes. Cette fois-ci, on a l'air de se diriger vers des mesures immédiatement compréhensibles, et assumées politiquement. Pas comme cette "réduction de l'abattement pour frais professionnels", annoncé fin août, et qui cachait -on a mis, alors, quelques jours à le comprendre-, une baisse du salaire net pour tous! Cette fois-ci, ce sera plus clair: taxe, TVA, retraite, la rigueur sera visible, tout de suite. Autre changement: le gouvernement souhaite, cette fois-ci, équilibrer augmentation des impôts et baisse des dépenses. En août dernier, beaucoup (par exemple au Medef, mais pas seulement) avait critiqué l'accent mis sur les taxes et les impôts, plutôt que la lutte contre la dépense publique, cheval de bataille de la Droite. Cette fois-ci, le gouvernement pourrait, donc, toucher aux prestations sociales.

Dans le détail... Selon les Echos, le Premier ministre aurait choisi d'accélerer sa réforme des retraites. L'âge légal, fixé à 62 ans, pourrait être atteint dès 2017. Contre 2018, prévu initialement. François Fillon pourrait également annoncer le gel partiel de l'augmentation de toutes (ou certaines) prestations sociales: retraites, allocations familiales... Les dépenses de Sécurité sociale vont être réduites. Comme les budgets des ministères. Côté recettes: une surtaxe d'impôt sur les très grandes sociétés va être créée. Le taux réduit de TVA, dans la restauration et la rénovation des logements, pourrait passer de 5,5%, à 7, 8 ou 9%.

Pendant ce temps-là, en Allemagne... Les impôts vont baisser. Annonce d'Angela Merkel, hier soir. La Chancelière et sa coalition promettent 6 milliards de baisses d'impôts. A partir de 2013... année électorale en Allemagne.

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