Et ce pays, c'est l'Islande. Un peu plus de 300 mille habitants, un pays, dont on vantait, il n'y a pas si longtemps encore, la réussite économique : une croissance annuelle de plus de 4 % en moyenne, presque 8 % même en 2004 ! A coup de privatisations et de baisses d'impôts (parmi les plus faibles en Europe, pour les entreprises) le gouvernement conservateur islandais vantait la transition "réussie" de son pays, passé d'une économie basée sur la pêche (pour faire court), à une économie moderne, s'appuyant sur l'industrie, les hautes-technologies et... sur la finance ! Hier, le Premier ministre islandais, Geir Haarde, est venu à la télévision pour dire que son pays courrait le risque d'être, tout bonnement, emporté dans le tourbillon, avant d'agiter le spectre d'une "faillite du pays". Un signe supplémentaire ne trompe pas : le FMI vient d'envoyer une mission, à Reykjavik pour évaluer la situation. L'Islande se prépare, donc, désormais, au pire : après avoir nationalisé, la semaine dernière, la 3ème banque du pays, c'est tout le système bancaire qui pourrait prochainement passer dans le giron de l'Etat. Le projet de Loi proposé, hier, va très loin : le gouvernement islandais souhaite se doter de pouvoirs inédits : prendre le contrôle des assemblées générales des banques, remercier les membres des Conseil d'administration si cela est nécessaire, ou encore procéder d'autorité à des fusions d'institutions financières. Une sorte de "thérapie de choc à l'envers" pour un gouvernement libéral comme celui de l'Islande. La chute des places boursières : ça se calme un peu ce matin. En Asie, les places boursières sont encore "dans le rouge", ce matin, mais Tokyo se redresse, après avoir ouvert en forte baisse. Singapour est même en hausse. Wall Street, hier soir, a finalement limité ses pertes autour de 4 % pour le Dow jones et le Nasdaq mais on a frôlé le plongeon total en séance. - 9,04 %. A Paris, le CAC 40 a connu la pire journée de son histoire. Banques et assureurs ont souffert (c'est la crise de liquidité qui, pour elles, inquiète), mais les valeurs industrielles aussi ont fortement baissé, comme Vallourec, ArcelorMittal ou Alstom. Et là, c'est la crainte d'une profonde récession qui explique ces reculs. Rassurer les épargnants. Les dirigeants de l'Union européenne planchent sur un possible relèvement des garanties bancaires. Actuellement, ce plancher est fixé à 20 mille euros. Il passerait à 100 mille pour l'Union. En France, il est fixé à 70 mille euros. En revanche, cette garantie est désormais illimitée en Allemagne, en Autriche, en Irlande et au Portugal.

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