Oui, parce que ce moment d'euphorie hier (à Paris, le CAC 40 a pris 3,4%), la bourse le doit à la Banque Centrale Européenne, et à son président Jean-Claude Trichet. Le Français, présidait, hier, son dernier Conseil des gouverneurs, cette réunion mensuelle qui fixe le cap de la politique monétaire dans la zone euro. Son mandat à la tête de la BCE s'achève, à la fin du mois, et comme une sorte de "cadeau d'adieu", Jean-Claude Trichet a annoncé une série de mesures pour soutenir les banques européennes. Il va leur ouvrir de nouvelles lignes de crédit, à un taux fixe et faible, pour une durée d'un an, ce qui n'est pas la coutume: la BCE prête, normalement, à court terme. Autrement dit, la BCE a décidé d'assurer la liquidité des banques européennes pour les mois à venir. Et la bourse a, donc, adoré. Jean-Claude Trichet, qui avait commencé son mandat à la BCE sous les critiques )on pense, notamment, à Nicolas Sarkozy qui l'avait traité grosso modo "d'obsédé de la rigueur et de l'inflation"), Jean-Claude Trichet termine sous les applaudissements et les acclamations. Après l'avoir traité de "dogmatique borné", on loue, depuis quelques mois, son pragmatisme, lui qui n'a pas hésité depuis 4 ans, et le début de la crise des subprimes, à violer, comme hier, les principes fondamentaux de la Banque Centrale Européenne. A tel point d'ailleurs que les plus rigoristes (des Allemands...) ont décidé de quitter l'Institution.Cela dit, tout le monde n'est pas, à ce point gagné par la "trichet-mania". Loin de là. Cette semaine -ça vous a peut-être échappé- une initiative, assez inédite est venue rappeler que Jean-Claude Trichet n'a pas que des femmes. Le patron français d'une société de gestion de portefeuilles, Edouard Carmignac, s'est offert une pleine page de pub, dans "Le Monde" et "Le Figaro" notamment. Une "lettre ouverte" au patron de la BCE. "Adieu, nous ne vous regrettons pas!" est-il écrit, dès les premières lignes. La suite est tout aussi dure: on lit "fonctionnaire zélé". On comprend "homme d'Etat raté". Puis, définitif: "au cours de votre carrière, vous aurait porté un coup fatal à l'industrie française avec votre politique du franc fort d'abord, puis de l'euro fort". Derrière tout ça, une supplique: "arrêtez de penser inflation, monsieur Trichet et baissez les taux d'intérêt, pour relancer l'économie". Hier, Jean-Claude Trichet a annoncé, beaucoup de choses mais pas de baisse de ses taux directeurs. La lettre a dû se perdre.

Zéro pointé. L'INSEE abaisse très nettement ses prévisions de croissance pour la France. La faute à la crise de l'euro, et sa répercussion -ça y est, on le constate- sur l'économie réelle (l'investissement des entreprises, l'emploi et la consommation des ménages). L'Institut anticipe, désormais, un 4ème trimestre 2011, à 0%, ce qui fera débuter l'année prochaine sans aucun' élan, ou presque. Du coup, la prévision de croissance du gouvernement, pour 2012 (1,75%) paraît, désormais, vraiment intenable. Banquez! Vers un plan de recapitalisation des banques européennes. Nicolas Sarkozy confirme, ce matin, qu'il en parlera, dimanche à Berlin, avec Angela Merkel.Bourse. L'action Apple, plutôt épargée, hier à la bourse, après l'annonce de la mort de son fondateur, Steve Jobs. Le titre a reculé de 0,23% seulement. Dans une ambiance -il est vrai- "euphorique", hier sur les places boursières.

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