Il y a 2 semaines, Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président du Medef (chargé de la fiscalité), le prédisait: "cette affaire de taxe sur l'EBE, l'Excédent Brut d'Exploitation, n'ira pas au bout" confiait-il en privé. "Elle finira par une surtaxation de l'Impôt sur les Sociétés, seule porte de sortie pour le gouvernement". Hier, Pierre Moscovici lui a donné raison sur toute la ligne. Le ministre de l'Economie a annoncé que le gouvernement renonçait à cette nouvelle taxe. Et, oui comme annoncé par le n°2 du Medef, les 2 milliards et demi d'euros manquant, le gouvernement ira bien les chercher, l'année prochaine, en augmentant "l'impôt société". Ainsi s'achève un nouvel épisode fiscal un peu piteux, l'histoire d'un impôt mort-né.. L'histoire encore, comme la résumait, hier soir, un député socialiste, d'une "proposition idiote, inventée pour remplacer un impôt imbécile". Ce député PS qui s'en prend aux services de Bercy "grands fautifs dans cette affaire" selon lui: "ils ont mal évalué la taxe, et mal informé le ministre", dit-il. Tout a commencé, en fait, sur un malentendu. En juillet, le ministre du Budget explique à ses visiteurs patronaux, son projet. Bernard Cazeneuve propose de supprimer des taxes, basées sur le chiffre d'affaires (le fameux impôt "imbécile" parce qu'il taxe aveuglément toutes les entreprises, qu'elles soient en bonne santé ou non) par une nouvelle contribution sur la marge d'exploitation. Il croit bien faire et ses interlocuteurs patronaux le confortent dans son impression puisqu'ils n'agitent aucun chiffon rouge. Là dessus, Bercy travaille. Et dévoile, il y a une quinzaine de jours sa taxe sur l'EBE, provoquant, finalement, la colère du Medef et de l'AFEP, l'Association patronale réunissant les grandes entreprises! "Taxer l'EBE, c'est anti-économique", disent-ils, tous, en choeur. Notamment parce ça pénalise les entreprises qui investissent. "Ce n'est vraiment pas un bon signal, alors que la croissance frémit!". Les arguments ont convaincu. Jusqu'à l'Elysée. Et hier, Pierre Moscovici, qui n'était pas un grand fan de l'idée, a, donc, annoncé la suppression, pure et simple, de cette nouvelle taxe. Il a, aussi, promis d'engager une concertation, plus large, sur la fiscalité des entreprises. Des "Assises". Comme celles lancées après la révolte des pigeons. L'année dernière, c'était parce que Bercy et les patrons ne s'étaient pas parlé du tout. Cette année, c'est donc parce qu'ils ne se sont pas compris. Allez... l'année prochaine, ça se passera bien!

Mieux. Les cadres retrouvent le moral: c'est le principal enseignement de notre Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro. Première vague de la saison... avec un moral des cadres qui enregistre un bon de 10 points d'un coup. Chômage, niveau de vie... les anticipations restent négatives, mais s'améliorent très nettement. Ce n'est pas le cas, cela dit, des perspectives financières (sans doute encore plombées par les hausses d'impôts). Ni de l'indice de motivation. En fait, si les cadres de notre Baro-éco voient la croissance revenir, ils la jugent encore "trop timide", et encore "peu significative".Mieux? Au Niger, le gouvernement menace de "revoir" ses contrats avec Areva. Le groupe nucléaire français y exploite depuis des décennies, des gisements d'uranium, mais les contrats pour 2 d'entre eux expirent à la fin de l'année. Le Premier ministre nigérien a prévenu, hier: "jusqu'ici, ces contrats ils étaient renouvelés automatiquement, cette fois-ci, on va les "passer au peigne fin pour que le Niger y trouve son compte". Fin de citation.

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