C'est une petite phrase entendue souvent, ces derniers jours, prononcée comme une évidence au sujet des déficits français: "jamais une entreprise ne pourrait vivre avec un tel déficit chronique!". Et bien si. L'actualité d'hier est venue le rappeler: EuroDisney, créée il y a 22 ans, n'a connu que 7 exercices bénéficiaires. Depuis ces dernières années, le déficit s'est même creusé. Pour 2014, on attend quelque chose comme 100, 110, 120 millions de pertes. Comment, donc, l'actionnaire principal d'EuroDisney, sa maison-mère, The Walt Disney Compagny, accepte-t-elle de perdre ainsi autant d'argent? Un expert de la bourse a fait les calculs: pour les 11 dernières années, EuroDisney a cumulé 750 millions d'euros de pertes. Ce même gestionnaire de portefeuille boursier, qui précise que jamais il n'a acheté des titres EuroDisney pour le compte de ses clients, avance un élément de réponse: 750 millions d'euros de perdus donc, mais, paralèllement, 520 millions d'euros de redevances et de royalties versés, à sa maison-mère. Les liens entre DisneyLand Paris et The Walt Disney Compagny sont régis par une Convention réglementée qui n'a jamais été rendue publique. Ce qu'on sait, c'est que la maison-mère de Disney Paris est à la fois son actionnaire principal, son créancier mais aussi et surtout l'un des principaux bénéficaires de son développement, un intéressement sur le chiffre d'affaires, et non pas sur les bénéfices. Ce qui veut dire qu'au final, la maison-mère Disney n'est pas, forcément, concernée sur la rentabilté du Parc! Aujourd'hui, cela dit, la voilà obligée de renflouer sa filiale: c'est le milliard d'euros annoncé hier. Le modèle a ses limites, mais les vrais perdants restent les petits actionnaires, ceux qui ont cru à la bonne affaire. Hier, l'un d'eux ne cessait de faire le même lapsus, parlant d'Eurotunnel" quand il voulait dire "EuroDisney", "mais c'est la même catastrophe, en fait" s'est-il justifié, l'opération annoncée hier, terminant de les liquider. L'expert boursier confirme: dans les conditions dans lesquelles est géré EuroDisney, jamais la société n'aurait dû être introduite en bourse. "DisneyLand Paris, ça plait aux familles, c'est une bonne affaire pour sa maison-mère, bonne pour les élus du coin, pour les salariés, pour les promoteurs de Marne-la-Vallée. Pour les petits porteurs, c'est un scandale".

8. Bruxelles pourrait demander 8 milliards d'efforts supplémentaires à la France. Des impôts, ou des économies supplémentaires. 8 milliards à comparer aux 21 milliards d'efforts déjà prévus, ce n'est pas rien. C'est le Figaro, en tout cas, ce matin, qui lâche ce chiffre, et qui confirme que la Commission européenne s'apprête bien à rejeter le budget 2015, présenté par la France. Ce qui ne passe pas à Bruxelles, c'est l'abandon de l'objectif de réduction du déficit structurel de la France, c'est à dire sans prendre en compte la conjoncture. La Commission demande 0,5 points d'efforts de plus. Soit, donc, 8 milliards d'euros.

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