"Etes-vous le plus grand prédateur de la place de Paris?". C'est Léa Salamé qui, ici-même, il y a quelques semaines, lui a posé la question. Vincent Bolloré a répondu, du tac au tac: "je trouve que c'est bien d'avoir une image, je ne dirais pas "qui fait peur" mais avec quelques cicatrices, ça évite que les gens viennent vous embêter". Une belle réponse, qui a le mérite de la franchise. Mais qui n'a pas réussi à éloigner les gêneurs. Depuis quelques semaines, en effet, et en prévision de l'Assemblée générale des actionnaires de Vivendi, qui doit se tenir un dizaine de jours, certains, qui n'ont visiblement pas peur de la castagne, sont venus mordre les mollets du "tycoon breton". Un Fonds d'investissement américain, qui ne possède que 0,9% du capital de Vivendi, vient remettre en cause sa politique de dividendes, pourtant déjà très généreuse. Là, où Vivendi propose de reverser jusqu'à 5 milliards d'euros à ses actionnaires (en dividende et en rachat d'actions), l'Américain réclame quasiment le double: 9 milliards! Et dénonce l'absence d'un vrai plan stratégique pour l'entreprise. Qu'est-ce que Vincent Bolloré veut faire, exactement, de Vivendi? Beaucoup, effectivement, se posent cette question, depuis qu'il y a pris le pouvoir, il y a moins d'un an. Il opère -ça c'est évident- un recentrage sur les médias. Il a vendu SFR, Maroc Telecom, vendu l'opérateur brésilien GVT, et les jeux vidéo d'Activision Blizzard. Résultat: il est assis sur une montagne d'argent. 15 milliards d'euros au bas mot. Qui suscitent bien des convoitises, on le voit. Mais, qu'est-ce que va en faire Bolloré? Mystère. Hier soir, l'agence Reuters a affirmé qu'il envisageait de racheter le groupe de télévision payante Sky, parfait complément à Canal+. Ce serait totalement faux. On dit, aussi, qu'il est intéressé par une partie du groupe Lagardère. "Le premier principe des affaires, c'est de ne jamais parler de ce qu'on convoite, ne jamais dire quelle entreprise on veut racheter, parce que ça fait monter les prix". C'est ainsi que botte en touche l'entourage de Vincent Bolloré. Qui rejette, aussi, l'idée que le rachat de dailymotion à Orange -opération confirmée, hier soir- soit purement opportuniste. C'est vrai que pour seulement 217 millions d'euros (de "l'argent de poche", au regard des 15 milliards de bas de laine en sa possession), il donne corps à un début de stratégie. Mais, on attend fébrilement la suite.

Premier mois. Premier mois réussi pour la Banque Centrale européenne et son "quantitative easing". Le "quantitative easing", ou "QE", c'est cette vaste opération, lancée début mars. Pour relancer la zone euro. Le QE, pour le dire autrement, c'est la version moderne de la planche à billet. Hier, la BCE a publié le premier bilan mensuel de son opération-sauvetage: 60 milliards d'euros ont été injectés. C'est conforme aux objectifs fixés. Les premiers effets se font ressentir: l'euro a reculé, les taux d'intérêt payés par les Etats ont fondu. Autre conséquence: la bourse s'est envolée: +20% pour le CAC 40, depuis le début de l'année.

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