Raymond Soubie mérite, décidément, bien l'un de ses surnoms: "Maître Yoda" (le vieux sage de la Guerre des étoiles). C'est Laurent Wauquiez qui l'appelle comme ça: "Soubie, il est petit, tout frêle et fragile, mais la force est avec lui". Raymond Soubie, donc, n'est plus là -il n'est plus le conseiller social de l'Elysée-, mais sa parole pèse toujours. Elle semble même plus forte qu'avant. Depuis lundi, c'est une petite phrase, prononcée par Soubie, dans une interview accordée aux Echos, qui fait beaucoup parler. L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy s'est montré très réservé sur le calendrier de la réforme de la dépendance. La dépendance, c'est l'un des 2 grands chantiers (avec la réforme fiscale) lancés par le Président de la République. Pour Soubie, il n'est pas sûr qu'elle soit réalisable avant la Présidentielle! C'est un scoop, parce que, officiellement -c'est Nicolas Sarkozy, lui-même, qui l'a dit à la télé -elle est prévue pour début 2012. Soit avant l'élection. Cette déclaration de Soubie -c'est toute sa force- semble délier les langues, du coup. Même si, pour certains, c'est encore en "off", loin des micros. Un ministre reconnaît, par exemple, que "c'est loin d'être gagné". Il souhaite "bien du courage à Roselyne". Roselyne, c'est Roselyne Bachelot. C'est elle qui est chargée du dossier. Et, hier, elle a, déjà, laissé entendre que la réforme pourrait se faire en 2 temps: une partie avant la Présidentielle. L'autre après. Le rétropédalage a commencé. Certains le date, d'ailleurs, du discours de politique générale de François Fillon, à l'Assemblée, il y a 15 jours. Le Premier ministre, ce jour-là, a élargit la consultation, prévue par le Président, à l'ensemble de la protection sociale. La dépendance n'est plus qu'un élément parmi d'autres. "C'est une façon de noyer le truc" note un élu de la majorité, spécialiste de ces questions. Qui décrypte: pour le Premier ministre, comme pour une grande partie de la majorité, il n'est pas question de créer une 5ème branche de la Sécurité Sociale déficitaire. Pas question "d'ajouter du déficit au déficit". Donc, si la réforme de la dépendance doit se faire, ce sera forcément avec des mesures impopulaires. Une hausse, par exemple, de la CSG des retraités. Un droit d'option sur les héritages. Ou encore l'obligation, passé 50 ans, de constracter une assurance privée! "Politiquement, pour nous, c'est ultra-sensible". Et il y a des élections cantonales en 2011. La Présidentielle en 2012. Il est, donc, peut-être urgent de ne pas se presser, pense cet élu UMP. Qui voit déjà une façon de s'en sortir: annoncer quelques mesures fin 2011 (une centralisation, par exemple, des mesures existantes), pour renvoyer les questions les plus sensibles, à l'après-présidentielle. Passage en force. Comme à l'Assemblée nationale le mois dernier, le gouvernement a obligé, hier, les sénateurs à revoter sur une disposition qui ne lui convenait pas. Celle liée aux emplois à domicile. Finalement, l'exonération de charges va disparaître. Pour d'autres mesures, qui ne plaisent pas plus au gouvernement, François Fillon a prévenu: si la Commission mixte paritaire (Sénat-Assemblée nationale), ne les supprime pas, lundi prochain, il demandera un nouveau vote. Le bras de fer gouvernement-majorité continue, donc, sur ce budget 2011. Qui ne semble pas avoir convaincu beaucoup de monde. Le développement rapide de l'internet mobile, en France. 7 millions de Français surfent, désormais, sur le Net, grâce à leurs téléphones portables: c'est ce qui ressort d'une étude publiée, ce matin. C'est 1 Français sur 6.

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