Je n'en fais pas une obsession, mais il nous faut, ce matin, évoquer à nouveau le 20h de France 2, de mardi soir (celui au cours duquel David Pujadas a demandé à François Fillon s'il était "plutôt rock ou musique classique"). Au cours de cette interview, le Premier ministre a voulu insister sur un point précis de l'Accord entre la France et l'Allemagne, qui sera discuté, à partir de ce soir, à Bruxelles. La mesure principale capable de calmer les marchés, a dit François Fillon a été peu mise en lumière: c'est celle qui consiste à ne plus demander au secteur privé de participer au sauvetage d'un pays, qui viendrait à faire défaut dans l'Union européenne. Pour bien montrer que la France n'a pas tout cédé à Berlin, dans cette négociation (plus de rigueur budgétaire contre "pas plus" de solidarité européenne), François Fillon enfonçait le clou, mardi soir: c'est l'Allemagne, a-t-il dit, qui a renoncé à cette mise en cause du secteur privé. C'était étonnant de voir à quel point, le Premier ministre faisait, mardi soir, de cette défaite morale (renoncer à faire payer les responsables, ceux qui prêtent de manière irresponsable)... comment il l'a transformé en une victoire! Mais il faut le reconnaître: cette position pragmatique, le gouvernement français l'a toujours tenue. Pour cette raison: "en cette période extrêmement troublée, il ne faut pas inquièter le marché, démotiver les investisseurs". Mais c'est pourtant bien ce qui a été fait. En octobre 2010, à Deauville. C'est déjà un Sommet de crise. Angela Merkel, qui ne voulait pas être la seule à payer pour la Grèce et les suivants, obtenait de Nicolas Sarkozy que le secteur privé, les investisseurs, les épargnants qui ont acheté de la dette souveraine, ne soient pas complètement remboursés en cas de faillite, de défaut d'un pays européen (une perte de 50% dans le cas grec). Une fois de plus, c'était "moral", mais la décision a eu pour conséquence de faire fuire les investisseurs de l'Europe. De faire s'envoler les taux d'intérêt. Jusqu'à mettre en difficulté l'Italie. Et aujourd'hui toute la zone euro. C'est cet Accord de Deauville d'octobre 2010 qu'aujourd'hui, les mêmes Nicolas Sarkozy et Angela Merkel veulent effacer. L'oublier.

Oh! On commence avec la hausse des tarifs de transports en Ile-de-France: +1,5%, dès le 1er janvier. Il s'agit de la répercussion immédiate de la hausse de la TVA, décidée par le gouvernement: le passage du taux réduit de 5,5 à 7%. En augmentant ses tarifs, le Syndicat des Transports d'Ile-de-France, le STIF, compense un supplément de charges de 50 millions d'euros. Mais le président du STIF, le Socialiste Jean-Paul Huchon, fait aussi de la politique en regrettant que le gouvernement n'ait pas considéré que le transport "était une dépense de première nécessité" en maintenant son taux de TVA à 5,5%.AAAah! Standard & Poor's poursuit son travail de réévaluation tous azimuts des dettes publiques, para-publique, supranationale, ou privée, en Europe. Après la mise sous surveillance négative de la France et de la zone euro, l'agence de notation a fait de même, hier, pour l'Unedic, Réseau Ferré de France, les Hôpitaux de Paris, la Caisse Nationale des Autoroutes ou celle de la dette sociale française. Paris et l'Ile-de-France également sont, désormais, sous la menace d'une dégradation. Même chose pour toutes les grandes banques françaises. Et pour l'Union européenne.

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