"Restez calme", "ne cédez pas à la panique", c'est le conseil que tout le monde donne, en ce moment, aux dirigeants européens alors que sur les marchés financiers, la tempête fait rage. Et que la zone euro traverse, depuis quelques jours, la crise la plus grave depuis sa naissance, il y a 11 ans. "Quand les marchés font parler la poudre, il faut que les autorités publiques soient... calmes, bien coordonnées, et surtout de cèdent pas à la panique, parce que c'est exactement ce que les marchés attendent. C'est exactement ce qu'ils espèrent". C'est Jean-Pierre Jouyet, le président de l'Autorité (française) des marchés financiers qui expliquait ainsi, hier, la marche à suivre. Si on décrypte les propos de Jean-Pierre Jouyet, on se dit d'ailleurs que si on en est là aujourd'hui, c'est précisément parce que les Européens ont manqué de sang froid ces derniers jours! Les déclarations de certains responsables politiques européens, de certains membres de la Banque Centrale Européenne... ajoutés à quelques articles dans la presse (qui ont semé le trouble, selon lui): voilà ce qui a permis à la crise de la dette grecque de prendre de l'ampleur. En résumé: plus on accrédite l'idée que le déficit et la dette grecques sont un réel problème (ce que certains ont fait en Europe...), plus on permet aux spéculateurs de réclamer des taux d'intérêt de plus en plus élevés à Athènes (pour couvrir le prétendu risque)! Et résultat: on rend cette crise plus aïgue, encore! C'est toute la difficulté du moment pour les dirigeants européens: afficher leur solidarité avec le gouvernement grec alors qu'ils n'auraient qu'une envie, en fait: lui dire "bien fait pour toi!"... tu n'aurais pas dû mentir sur l'état des finances publiques comme tu l'as fait ces dernières années. "Bien fait pour toi", tu aurais dû engager, plus tôt, les réformes que tu es obligé de lancer aujourd'hui, dans l'urgence. Sous la contrainte. Et la pression de quelques "fonds spéculatifs anglo-saxons", les fameux hedges funds. C'est encore Jean-Pierre Jouyet qui parle et désigne, ainsi, ceux qui attaquent l'euro aujourd'hui. Dans Libération, ce week-end, l'accusation était plus précise encore: l'attaque viendait d'une grande banque d'investissement américaine et de 2 importants fonds spéculatifs bien indentifiés. Ce serait la conviction, en tout cas, de plusieurs établissements financiers, mais aussi de plusieurs autorités, chargées de surveiller les marchés. Les syndicats demandent du temps pour discuter de la réforme des retraites. Le "Sommet social", souhaité par Nicolas Sarkozy, se tiendra dans une semaine exactement. Le Chef de l'Etat doit, à cette occasion, dévoiler son calendrier pour la réforme des retraites. Sauf qu'il se dit déjà que l'Elysée souhaite aller vite: une concertation au printemps. Et une Loi, dès cet été. Pour François Chérèque, de la CFDT, un tel rythme ne permettra qu'une "réforme à courte vue". "Vouloir régler le dossier avant juillet, ce n'est pas acceptable" renchérit Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière. Qui, cela dit, n'ira pas à la réunion de l'intersyndicale, convoquée, ce soir, pour -précisément!- coordonner la position des organisations syndicales. FO estime "prématurée" une telle rencontre. Toujours au sujet du Sommet social de lundi prochain , Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, confirme que la question des chômeurs en fin de Droits sera bien évoquée. Cette année, au moins 400.000 d'entre eux, quitteront Pôle Emploi sans rien: ni allocation, ni aide de l'Etat. Le "G7 finances", ce week-end, dans le Grand Nord canadien. Face à la crise provoquée par la dette grecque, les Européens ont refusé l'aide du FMI. "Nous allons régler le problème nous-mêmes" ont-ils affirmé.

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