Petit cafouillage hier, pour Xavier Darcos, le tout nouveau ministre du Travail. Interrogé sur l'évolution du chômage, (c'était sur une radio concurrente et néanmoins amie), il a affirmé qu'à la fin de cette année, la France compterait, probablement, 800 000 chômeurs supplémentaires. Une estimation lâchée pour minimiser les chiffres bien plus alarmants des syndicats, ou de certains instituts de conjoncture, qui tablent plutôt sur 1 million de chômeurs, en plus fin 2009. Le problème, pour Xavier Darcos, c'est que son estimation n'est pas celle, officielle, du gouvernement. D'où ce communiqué, dans l'après-midi d'hier. Un texte, qui rappelle que l'UNEDIC table sur une augmentation plus faible encore, cette année : + 639 000 chômeurs. L'entourage du ministre minimise et explique que cet écart : ce "léger mieux" sera obtenu, en fait, grâce aux mesures prises par le gouvernement. Xavier Darcos s'apprêtait à l'expliquer, hier matin, à l'intervieweur de la radio (concurrente et néanmoins amie) qui l'interrogeait, mais il ne lui en n'a pas laissé l'occasion. Tout ceci est très anecdotique, évidemment, mais ce petit cafouillage met en évidence cette réalité : à ce stade, 340 000 chômeurs sont venus gonfler les rangs de Pôle emploi. Donc, on en attend au moins encore autant d'ici la fin de cette année. A qui le tour ? Telle est l'horrible question ! Après l'été (on le sait), ce sont les jeunes diplômés qui vont déferler, ceux que certains appelent la "génération sacrifiée": ces jeunes ne trouveront pas immédiatement du boulot. Et courrent le risque de se faire "doubler" par la promotion suivante ! A la rentrée, on va voir s'inscrire les victimes des plans sociaux annoncés ces dernières semaines. Et on va voir débarquer ceux qui, jusque là, y avaient échappé : beaucoup d'entreprises arrivent, en effet, au bout des dispositifs de chômage partiel à leur disposition. Et parfois, au bout de leur trésorerie. Si l'activité ne repart pas, elle n'auront plus le choix que de licencier. L'automobile, l'industrie lourde, 1a construction inquiètent toujours. Et partout les PME et les TPE (les Très Petites Entreprises), où se déploie, dans le silence, le "plus grand plan social" du moment, selon l'expression, hier, de Laurence Parisot, la patronne du Médef. L'Assurance maladie souhaite réaliser 2 milliards d'économies ! A ce stade, il ne s'agit que d'une série de propositions, qui doit être encore discutée en Conseil d'administration demain, avant validation, ou non, par le gouvernement. L'objectif est de limiter la progression des dépenses de santé, l'année prochaine. 25 mesures, notamment la limitation du transport sanitaire, et un meilleur encadrement des arrêts de travail, qui génèrent trop d'indemnités journalières, selon la Sécu. Le rapport propose également des baisses des tarifs pour certains médicaments et certains actes médicaux. D'autres préconisations visent les professionnels de santé : médecins libéraux ou kinésithérapeutes. L'ISF en berne... Crise oblige -boursière et immobilière- l'Impôt de Solidarité sur la Fortune rapporte un peu moins à l'Etat français, cette année. 2,7 milliards à ce stade de la collecte. Contre 3,4 milliards l'année dernière à la même date. C'est un recul de 25% souligne "Le Figaro", ce matin.

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