Le Général et les cache-sexes

La dernière année excédentaire remonte à 2003. Ca paraît la préhistoire. Et ça explique, sans doute, aussi pourquoi, le très mauvais chiffre d'hier est passé relativement inaperçu. L'habitude, la routine. Depuis 8 ans maintenant, on s'est fait à l'idée: le déficit commercial de la France se creuse. Toujours un peu plus. Et c'est comme ça. Pourtant hier, c'est un nouveau déficit "record" qui a été annoncé: 7 milliards 420 millions d'euros pour le seul mois de mai. Le précédent record mensuel datait... d'avril! A ce rythme (et apparement, il y a peu de chance pour que ça change), le record, annuel, celui-là, de 2008- devrait être largement enfoncé, certains économistes anticipant un "trou", à la fin de cette année, de 70 milliards d'euros. Quand l'Allemagne, elle, vole d'excédents en exédents.

Alors évidemment, en mai, l'augmentation de notre facture énergétique a pesé. Mais, plus personne, aujourd'hui, n'ose avancer l'argument tant la perte de compétitivité des produits français est criante. Ils ne profitent pas du tout de la reprise économique. Si on exclut le Japon, la France apparaît, aujourd'hui, comme le pays qui affiche la plus faible croissance de ses exportations. Les ventes à l'étranger n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant la crise. Les causes sont connues. Nous manquons d'entreprises exportatrices, et nous ne sommes pas assez tournés vers les pays émergents, ceux qui animent aujourd'hui, le commerce international. C'est une tendance lourde, mais qui était masquée jusqu'ci par les "grands contrats". Ceux que signaient Airbus, Areva et d'autres. Pierre Lellouche, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, explique qu'ils ont fonctionné comme autant de "cache-sexe". Aujourd'hui, ces "grands contrats" sont bien moins nombreux (parce que les clients d'hier sont devenus nos concurrents)... et, du coup, nos faiblesses nous reviennent en pleine figure. Pour Pierre Lellouche, une solution existe: ressuciter le Général. C'est-à-dire s'inspirer du passé et de nos politiques de grands projets industriels. Il oublie le Grand emprunt Sarkozy, mais aujourd'hui, dit-il, "les Chinois sont gaullistes, les Coréens sont gaullistes, les Russes, les Brésiliens... les Français, eux, ne le sont plus".

Une "bonne nouvelle" et une "leçon d'économie". On les doit, toutes les 2, au patron "Europe" de Toyota. Dans le quotidien "La Tribune", ce matin, Didier Leroy chiffre, au total (c'est la bonne nouvelle), à 125 millions d'euros, les investissements réalisés dans son usine de Valenciennes, pour fabriquer la nouvelle Yaris. Sa production démarre dans quelques jours. 500 postes d'intérimaires ont été créé. 500 Z'autres viendront si la voiture se vend bien. Des contrats qui pourront se transformer en CDI ensuite. Le patron de Toyota explique qu'on peut produire, en France, des petites voitures "à condition, dit-il, de remettre en cause le mode d'organisation, de conception, et de production".

La crise de la dette, en Europe. Jean-Claude Trichet, patron de la Banque Centrale Européenne, est venu au secours du Portugal, hier, en contestant la dégradation de sa note, par Moody's. Sur les marchés, les taux d'intérêts sont au plus haut, désormais, pour l'Irlande et l'Italie. La probabilité d'un défaut de la Grèce est évalué à 85%.

Internet. 12 millions de Français ont utilisé internet, cette année, pour déclarer leurs revenus. Ca représente, désormais, un contribuable sur 3.

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