D’habitude, c’est plutôt Arnaud Montebourg qui ne se gêne pas pour se «payer» un grand patron. Nouveauté, hier, c’est son collègue de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici qui s’est fâché avec l’un d’eux. Ca s'est passé, à Aix-en-Provence, aux traditionnelles "Rencontres" du Cercle des économistes. A la tribune, Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint Gobain, lâche cette petite phrase: "le gouvernement, en 1 an est passé du déni au zig-zag". La salle applaudit à tout rompre. Assis au milieu du public, et même un peu plus tard, à la tribune, Pierre Moscovici ne répond pas directement. C’est finalement face aux journalistes, une heure plus tard qu'il contre-attaque, sous 2 parasols qui avaient bien du mal à protéger tout le monde du soleil et de la chaleur. «J’ai trouvé cette critique facile, inélégante, et peu courageuse» lâche Pierre Moscovici. «Je crois, ajoute-t-il, qu’il y a aussi de la part des patrons, un respect à avoir pour les hommes politiques. Moi, je les respecte». "Déni", "zig-zag", les mots ont, clairement, agacé le ministre. Comme les sifflets que la salle lui a lancés quand il vantait le rôle -pas facile- des politiques. Au cours de ces 3 jours passés à Aix, le public (des patrons, mais pas seulement) s’est montré, en fait, à plusieurs reprises, agacé quand la politique du gouvernement était évoquée. «Il faut plus de stabilité fiscale...», Ramon Fernandez, le Directeur général du Trésor, par exemple, n’a pas eu le temps de finir sa phrase, au cours d’une table ronde, que la salle, déjà, s'agitait et sifflait. «Et pourquoi François Hollande n’est pas là? Ca pourrait lui servir de nous entendre!» lâchait encore un spectateur. C'est aussi ce que regrettait, au cocktail de samedi soir, l'économiste Philippe Aghion. Celui qui a animé, pendant la campagne présidentielle, un petit groupe d'économistes autour du candidat socialiste, ne l'a pas revu depuis 1 an. "Sans doute, ne veut-il pas entendre ce qu'on a à lui dire: il reste beaucoup de réformes à mener!". Un ton qu'on retrouve dans la déclaration finale de ces Rencontres: "il faut poursuivre le choc de compétitivité", par exemple en "transformant le Crédit d'Impôt, le CICE -une "usine à gaz"- en baisse de cotisations sociales". "Zig-zag, ce n'est pas très gentil, et ce n'est pas exact" a conclut Jean-Hervé Lorenzi, le grand ordonnateur de ces Rencontres d'Aix-en-Provence, mais pour le gouvernement, oui, il est grand temps d'accélérer!".

Bis. L'Europe, à nouveau au chevet de la Grèce et du Portugal aujourd'hui. A l'occasion de la dernière réunion des ministres des finances de la zone euro, avant les vacances. Le cas du Portugal doit être évoqué. Même si la crise politique, à Lisbonne, semble apaisée, le pays montre des signes de fatigue face aux efforts demandés. Et à leurs résultats peu concluants. Dans le cas de la Grèce, les bailleurs de fonds du pays (Europe et FMI) réclament des engagements précis en matière de suppressions d'emplois dans la fonction publique grecque.

Stop. Le nouveau patron du Medef... opposé à toute fiscalité écologique. "Faites plutôt confiance aux ingénieurs, à l'innovation pour améliorer notre efficacité énergétique" dit Pierre Gattaz. Selon lui, l'augmentation, envisagée, des taxes sur le gazole aurait 3 conséquences néfastes. Elle réduirait le pouvoir d'achat, affaiblirait la filière française du diesel et renchérirait le coût des transports, pour les entreprises".

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