Hier, ici même, dans le Journal de 13h de France Inter, l'économiste Xavier Timbeau proposait une autre lecture de la crise grecque. "L'euro, c'est un Droit, expliquait-il, un Droit qui s'accompagne de Devoirs certes, mais un Droit accordé tous les citoyens des pays qui l'ont adopté". "Mécaniquement, poursuivait-il, on n'a pas à se poser la question d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Aux Etats-Unis, personne n'a envisagé une seconde de sortir la Californie, quand l'Etat a fait faillite. Pas plus quand la ville de Detroit s'est déclarée en cessation de paiement. En Europe, on devrait être exactement dans cette même disposition d'esprit". Le propos surprend évidemment, d'autant plus que l'ambiance générale, désormais, est bien au Grexit. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission Européenne, qui jusqu'ici refusait de parler d'une telle hypothèse, a révélé, hier soir, que les Européens ont préparé un "scénario détaillé", menant à la sortie de la Grèce. On le sait, ce serait une catastrophe pour le peuple grec: la dégringolade de leur (nouvelle) monnaie, un nouvel appauvrissement général, des crises, politique et géopolitique, mais malgré tout, les voix se multiplient pour appeler à une sortie de la Grèce, qu'elles promettent "ordonnée". Comme si c'était possible. L'économiste Elie Coen (dans Le Monde) explique, par exemple, que "le Grexit est la seule issue possible d'une crise dont Athènes est responsable". L'ancien député européen centriste -pro-européen, donc-, Jean-Louis Bourlanges (dans Les Echos, cette fois-ci) enfonce le clou: "les Grecs ont commis toutes les erreurs, selon lui. "Ils sont entrés par fraude dans la zone euro, ont dilapidé les fonds structurels, gâché les taux d'intérêt favorables, laissé perdurer un système social et fiscal aberrant". Pour Jean-Louis Bourlanges, on ne peut pas maintenir une Grèce qui refuse de faire des efforts, "ce serait une mise en congé de toutes les règles de gouvernance établies". Un "Grexit", à l'inverse, serait un signe de "rigueur intellectuelle et un gage de renforcement des disciplines et des solidarités internes à la zone". Récemment, un responsable européen, acteur du dossier, lâchait dans le confort d'un "off", un argument peu avouable publiquement: une sortie de la Grèce (et toutes les douleurs qui s'en suivraient pour le peuple grec), une telle expérience pourrait servir de "bonne leçon" à tous ceux qui rêvent, pour eux-même, d'une sortie de l'euro.

Petite hausse. Les hausses des salaires se font plus rares, en France. Et quand elles sont accordées, elles sont faibles: c'est ce qui ressort du bilan 2014 de la Commission de la Négociation Collective. Bilan publié hier et résumé dans "Les Echos", ce matin. L'année dernière, 386 Accords sur les salaires ont été signés, au niveau des branches professionnelles: c'est moins qu'en 2013, et bien moins encore qu'en 2012. Dans le commerce alimentaire ou dans le transport routier, il n'y pas eu de négociation du tout. Elles n'ont rien donné, dans le secteur des banques ou du commerce de gros. Quand il y a eu augmentation de salaire (au niveau des branches), dans 9 cas sur 10, elle ne dépassait pas les 2%.

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