C'est un proche de François Hollande, qui paraissait un peu sonné, la semaine dernière, après la publication des derniers chiffres du chômage, très mauvais. Ce ministre, qui n'est pas directement chargé des questions économiques, se disait "affligé", un vrai "coup de blues". Publiquement, le gouvernement a trouvé la parade: les ministres s'en prennent aux patrons "qui ne jouent pas le jeu" du Pacte de responsabilité. Grosso modo: "on baisse leurs charges mais, eux, ne respectent pas leurs engagements et n'embauchent pas". Dans le camp patronal, on s'est étranglé en entendant ces critiques. "On leur a toujours dit que ça prendrait du temps" s'agace-t-on au Medef. Le patron d'une grande fédération patronale confirme: "avec la conjoncture économique de ce début d'année (le pétrole, l'euro et les taux d'intérêt au plus bas), on devrait afficher une croissance 2 fois supérieure à ce qu'elle est", et commencer à embaucher. Mais la crise a détruit une partie de notre capacité productive. Et, surtout, la confiance n'est toujours pas là. Et la faute revient au gouvernement. Avec lui, poursuit ce patron, "c'est un jour, je t'aime, un jour je ne t'aime pas". Et c'est ça qui crée du doute. Donc, de l'instatbilité, du stress (pour les patrons). Et c'est pour ça qu'au final, il n'y a pas de décision d'investir et d'embaucher. Un exemple? La Loi Rebsamen sur le dialogue social. Elle devait faire sauter des seuils, pour faciliter la vie des chefs d'entreprises mais, après son passage à l'Assemblée Nationale, c'est l'inverse. "Elle ajoute des contraintes" selon le Medef, qui réclame un retour à la version initiale du texte. L'incertitude sur l'avenir du Pacte de responsabilité serait aussi destabilisant pour les patrons. Ce "Pacte", c'est un processus de baisse de charges programmée jusqu'en 2017. 22 milliards ont déjà été accordés, aux entreprises. Une grosse quinzaine reste à voter. Au Parti Socialiste, certains souhaitent "mieux cibler, mieux adapter, mieux affiner" ces aides aux entreprises (les comparer, notamment, aux résultats obtenus en terme d'emplois). C'était de l'agitation pré-Congrés PS jusqu'à ce week-end, mais maintenant? Les patrons attendent un signal clair. Peut-être dès demain avec les annonces pour les PME que doit trancher le Chef de l'Etat. "Le mieux, lâche un peu dépité, un proche de Pierre Gattaz, ce serait qu'il n'annonce rien. Surtout pas un nouveau texte que sa majorité prendrait un grand plaisir à détricoter. Qu'il se contente de confirmer ce qui a été promis".

Et si la RATP payait des impôts? La question peut surprendre, mais c'est bien la vérité: la RATP ne paie pas d'impôt sur les sociétés. L'entreprise qui gère les transports à Paris et en Ile-deFrance bénéficie (depuis longtemps) d'un régime fiscal spécial, qui remonte au temps où elle était subventionné par l'Etat. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, et selon Les Echos, ce matin, Bercy (toujours à la recherche d'argent) voudrait changer les choses. Peut-être, dès l'année prochaine. Préveler, aussi, des dividendes sur l'entreprise.

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