Le 11 mai 81, au lendemain de la victoire de François Mitterrand, la bourse de Paris avait perdu 21% en une seule séance. Hier, le CAC 40 a gagné 1,65%. La comparaison était sur toutes les lèvres, hier soir, premier jour de cotation après l'élection de François Hollande. Quelle conclusion en tirer? A ce stade: aucune évidemment! Comme un expert de la bourse s'amusait à le dire, hier, paraphrasant le candidat socialiste: "le jugement, c'est tout le temps" sur les marchés. Autrement dit: François Hollande ne perd rien pour attendre. Ou plutôt a déjà (un peu) perdu: depuis la mi-mars, la CAC a reculé de 15%, anticipant la victoire du socialiste, annoncée par les sondages, selon ce même spécialiste. D'autres, ont une explication différente: si la bourse n'a pas chuté, même avec une Grèce sans gouvernement, c'est parce que François Hollande arrive, moins isolé qu'annoncé en Europe sur la question du "pacte de croissance". En tout cas, d'autres indices, à ce stade, ne trompent pas. D'abord, les taux d'intérêts, réclamés à la France pour financer sa dette: ils ont, finalement, poursuivi leur baisse, hier. Autre signe: Bercy, ce lundi, a réussi, sans aucune difficulté, à placer à court-terme, 8 milliards d'euros, sur les marchés financiers. Enfin, le "contrat à terme" sur la dette française, cet instrument financier mis en place, à la bourse de Francfort et qui a été tant critiqué pendant la campagne, se comporte bien, pour le moment. Tout ça est très précaire évidemment. Les investisseurs attendent, maintenant, 2 choses pour se prononcer: les premières mesures du futur gouvernement, et surtout la composition de la future Assemblée. C'est aussi ce qu'ont dit, hier, les agences de notation. Standard & Poor's et Fitch ont confirmé la note de la France. Dans l'attente d'en savoir plus. Un homme, dans l'équipe Hollande est en contact régulier avec ces agences, c'est Michel Sapin. "Chargé du projet" jusqu'ici, et que certains verraient bien retourner à Bercy dans quelques jours, Michel Sapin, hier, répétait son credo: les agences de notation veulent connaître la stratégie économique, la "trajectoire" budgétaire. "Elles veulent savoir s'il y a des recettes, en face des nouvelles dépenses. Elles ne seront pas déçues".

Croissance, j'écris ton nom. A son tour, Christine Lagarde, la patronne du FMI, parle "croissance". Elle s'exprimait, hier, à l'université de Zurich. La Directrice générale du Fonds Monétaire International a estimé que l'objectif chiffré, précis de réduction des déficits publics ne devait pas être l'alpha et l'oméga des politiques. "Les dirigeants doivent garder les mains fermes sur le volant" a-t-elle dit, traduisant immédiatement: "si la croissance est moins bonne qu'attendu, il ne faut pas rajouter de nouvelles d'économies qui affaibliraient encore l'économie".A Berlin, Angela Merkel redit (à François Hollande) que le "pacte budgétaire" n'est pas renégociable. Pas possible, non plus, une "relance par les déficits".Bonus, j'encaisse . Les "bonus" des traders, cette année. 490 millions, vont être distribués chez BNP Paribas, a-t-on appris hier. Ca fait 140 mille euros, en moyenne par bénéficaire, au titre de l'année 2011. Crise oblige, ils sont en baisse, de moitié. Même tendance à la Société générale.

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