L'OMC passe au sud

C'est un Brésilien qui va succéder au Français Pascal Lamy à la tête de l'Organisation Mondiale du Commerce... Roberto Azevedo devance d'une courte tête un Mexicain plus libéral qui avait le soutien des pays du Nord de la France et de l'Union Européenne notamment. Roberto Azevedo avait lui les faveurs des pays du sud et des Brics.

"La réduction des déficits ne peut être notre seule boussole" c'est le secrétaire au Trésor américain qui fait cette déclaration au moment où le débat sur l'austérité est relancé dans l'Union européenne.

L'Histoire du Jour : L'appel de Bruxelles

"Votre pays est l'un des plus connus et admirés. En Amérique, en Chine, au Japon, le nom des plus grandes marques françaises s'affiche le long des avenues les plus fréquentées. Avec tout le respect que je vous dois, je vous le dis : la France est un malade imaginaire." Ces phrases c'est José Manuel Barroso qui les confie à l'Express dans une longue interview qui paraît aujourd'hui.

Le président de la Commission européenne veut en fait redonner confiance à la France nous explique son porte-parole: la France est un grand pays mais les Français n'en sont pas convaincus. C'est aussi un peu de vernis sur notre égo national. Cette leçon d'optimisme de la Commission pour la France intervient quelques jours à peine après le délai de 2 ans que Bruxelles propose d'accorder à Paris pour revenir dans les clous budgétaires.

C'est un changement de cap de la Commission car depuis l'été dernier, Bruxelles estime que la zone euro va mieux, que l'on peut donc desserrer l'étau budgétaire. Et Bruxelles s'appuie sur trois points. D'abord les déficits depuis 2009, ils ont été réduits de moitié par l'ensemble des Etats membres. Ensuite parce que les marchés financiers n'attaquent plus nos dettes mais s'inquiètent de notre faible croissance. Pour Bruxelles il vaut donc mieux mettre le paquet sur la croissance quitte à mettre la pédale douce sur la réduction du déficit.

Et enfin 3e changement pour Bruxelles, eh bien la Commission croit en la volonté de la France de se réformer en tous cas la Commission estime que ce gouvernement de gauche est mieux placé que l'ancien pour faire passer ses réformes. Mais sur ce dernier point attention hier Bruxelles a réclamé des réformes de structure audacieuses, de grande ampleur.

La France est attendue sur les retraites, le marché du travail, les prestations sociales, la fiscalité verte. Ces réformes, c'est aussi l'Allemagne qui les réclame. Et plus on tapera sur l'Allemagne plus les discussions seront difficiles au moment de valider le répit de deux ans seulement proposé pour l'instant par la Commission, nous dit-on à Bruxelles.

Une source nous prévient d'ailleurs : attention ceux qui fanfaronnent à la gauche du PS en estimant que ce répit est une victoire politique, un changement de doctrine de Bruxelles. Attention car rien n'est fait, c'est au Conseil européen du mois de juin d'entériner à la majorité le délai accordé à la France. Et la Commission attend d'autres gages en matière de réforme, elle espère même quelques ballons d'essais lancés par le gouvernement d'ici la fin du mois de mai !

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