Nicolas Sarkozy n'a jamais prononcé cette phrase. Je m'amuse, en fait, à détourner, sa fameuse déclaration sur les paradis fiscaux ("les paradis fiscaux, c'est fini")... déclaration qui a fait couler beaucoup d'encre: le Président, depuis New York, avant une réunion du G20, l'avait lâché pour expliquer que, selon lui, les (petites) mesures qui venaient d'être prises contre les paradis fiscaux signifaient leur perte pure et simple. Hier soir, depuis l'Elysée, où il tenait une conférence de presse, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre grec George Papandréou, Nicolas Sarkozy s'est bien gardé de lâcher une telle phrase définitive concernant les spéculateurs, accusés d'attaquer depuis quelques semaines, la Grèce et la zone euro... mais (évidemment, l'avenir le dira) on sent que d'une certaine façon, on y aura droit, un jour où l'autre, à une telle déclaration! Le processus, en tout cas, est enclenché puisqu'hier soir donc, le Président de la République a annoncé que la Grèce, l'Allemagne et la France s'apprêtaient à prendre une "initiative concertée contre la spéculation". Il n'en a pas dit plus. Le Premier ministre grec a simplement précisé, après lui, que cette initiative sera présentée, très prochainement, et qu'elle visera, sans doute les CDS! Les CDS, les "Credit Default Swaps", ce sont ces outils financiers complexes qui permettent aujourd'hui à certains Fonds spéculatifs de jouer contre la Grèce et contre l'euro. Il s'agit de produits dérivés, les mêmes qui étaient au coeur de la crise financière de la fin 2008. AIG, cette immense société d'assurance américaine qu'il a fallu renflouer à coup de dizaines de milliards de dollars, il y a un an et demi (le plus grand sauvetage financier de l'Histoire!)... le scandale AIG est arrivé par les CDS. Il s'agit en fait d'une sorte d'assurance: ceux qui prêtent de l'argent aux Etats (en achetant leurs bons du Trésor) peuvent se couvrir du risque en contractant un CDS, qui leur assure le remboursement de leur argent, en cas de défaillance de l'emprunteur. Le problème c'est que ce marché est parfaitement opaque. Absolument pas contrôlé, ni régulé. On ne sait qui vend, qui achète, et quels sont les montants des contrats. Pire: on peut contracter un CDS... sans avoir prêté aucun argent à personne. Autrement dit, on peut s'assurer contre un risque qu'on ne court pas! C'est là que commence la spéculation: si vous faites croire à tout le monde qu'un risque de défaillance existe (par exemple, que la Grèce pourrait, un jour, faire faillite) vous faites monter les prix de l'assurance. Et vous empocher la différence. Et donc beaucoup d'argent. C'est contre ce mécanisme que les dirigeants européens (et même américains) s'élèvent depuis quelques jours. C'est contre ses dérives que la Grèce, l'Allemagne et la France préparent donc des mesures. Le malaise social persiste à France Telecom! C'est un rapport officiel qui l'affirme. Il est signé par le cabinet spécialisé Technologia et vient d'être remis à la direction de l'entreprise. Il souligne la pesistance du mal-être d'une grande partie des salariés de France Telecom. Les suicides, d'ailleurs, n'ont pas cessé: 9, depuis le début de l'année. Technologia préconise plus d'une centaine de mesures pour rétablir la confiance, notamment la création de "médiateurs" entre les salariés et leur hiérarchie. Dans les boutiques "Orange", le rapport recommande l'arrêt des rappels systématiques aux vendeurs de leurs objectifs commerciaux. L'avenir de la raffinerie de Total, à Dunkerque. Le Comité Central d'Entreprise est convoqué, ce matin. Le direction doit confirmer sa fermeture et la réorganisation du site, qui passe notamment par la construction d'un terminal méthanier avec EDF. "C'est insuffisant" estiment déjà les syndicats, qui appelent à un rassemblement, ce matin.

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