Avant hier soir, à la télévision, Nicolas Sarkozy a eu une expression maladroite en présentant la mesure économique qu'il avait choisi de révéler au cours l'émission. "J'ai découvert" a-t-il... "découvert quelque chose qui n'est pas normal: une partie des grands groupes français ne paient pas du tout d'impôt"! Evidemment, le verbe était mal choisi: personne, aujourd'hui, ne découvre cette situation. Surtout pas le Président de la République, qui a commenté d'ailleurs, ensuite, le cas de Total qui précisément, depuis quelques années, alimente la polémique: le groupe pétrolier engrange des milliards de bénéfices, mais ne paie pas d'impôt sur les sociétés, en France. L'entourage du président-candidat, hier, précisait que c'est la moitié du CAC 40 qui, aujourd'hui, ne paie pas d'impôt-société! En fait, ce constat date d'au moins 2009. Un rapport officiel a décrit le phénomère: les grandes entreprises contournent cet impôt grâce aux nombreuses niches fiscales qui sont à leur disposition. Et aussi grâce à la possibilité qui leur est offerte de déduire de leur impôt leurs charges financières. Le resultat, c'est que sur les 45 milliards d'euros que rapporte à l'Etat, l'impôt sur les sociétés, seuls 3 milliards/3 milliards5 sont payés par le CAC 40. D'où cette idée d'impôt minimum, reprise aujourd'hui par Nicolas Sarkozy mais qui sera bien difficile à mettre en place puisqu'il va falloir pour cela contourner le principe de territorialité de l'impôt. On ne peut taxer que ce est produit, ou prospère en France. Donc, logiquement, pas les bénéfices réalisés à l'étranger, puisqu'ils sont déjà taxés "sur place", si on peut dire: c'est l'argument avancé par Total, depuis longtemps. Du coup, l'entourage du président-candidat explique que, réélu, il renégociera les conventions fiscales signées avec les autres pays mais c'est un travail titanesque, qui prendra du temps, alors, dans l'intervalle, on taxera le chiffre d'affaires des grands groupes. Mais là, le problème c'est qu'une telle taxation existe déjà: il y a la Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés (la C3S). Et aussi et surtout l'I.F.A., l'Impôt Forfaitaire Annuel, sorte d'impôt minimum. Un impôt dont la disparition était, jusqu'à mardi, en tout cas, programmée. C'était une promesse -tenue!- du candidat Sarkozy. Mais celui de 2007.

Milliards. Il n'y a jamais eu autant de milliardaires dans le monde: 1.226 au total, selon le magazine Forbes, qui publie son classement annuel, ce matin. C'est 16 de plus que l'an dernier. Les Américains sont toujours les plus nombreux. Le podium ne change pas: l'homme le plus riche du monde reste le Mexicain, roi des télécoms, Carlos Slim. 2ème, Bill Gates, de Microsoft. Puis, le financier Warren Buffet. 4ème, et 1er européen, le Français Bernard Arnaud, avec une fortune estimée à 41 milliards de dollars. 104 femmes figurent dans ce classement mondial des milliardaires. Dont 2 Françaises: Liliane Bettencourt et Elisabeth Badinter, actionnaire de Publicis.Milliards. On appelle ça (ironiquement) le "Téléthon de la dette". C'est avant ce soir 20h, que les créanciers de la Grèce doivent dire s'il acceptent, ou pas, d'effacer une partie de la dette du pays. On en parlait ici même hier: il faut, au minimum que 75% acceptent, sinon c'est le défaut de paiement. On en serait, à 40%, à ce stade, selon le décompte officiel.

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