Ca peut apparaître, au premier abord, comme un fâcheux contretemps: le jour où François Fillon présentait ses nouvelles mesures d'austérité aux Français, le cabinet Deloitte dévoilait sa traditionnelle enquête sur les intentions d'achats des Français pour les fêtes de fin d'année. C'est cette étude, qui chaque année, début novembre, vous dit combien vous allez dépenser cette année, en cadeaux, nourriture et sorties pour fêter Noël et la nouvelle année. C'est la référence pour tout le secteur du commerce: ses conclusions sont très attendues. Et c'est à là qu'on sent un léger décalage avec l'humeur d'hier toute à la rigueur: Deloitte, pour cette année, annonce des intentions d'achat... en hausse! Les Français devraient dépenser, cette année pour Noël, 606 euros en moyenne (+1,9%, par rapport à 2010), quand la moyenne européenne est en dessous de 590 euros, et surtout en recul sensible. Les auteurs de l'étude sont surpris, eux-même, par ce résultat: "attention", préviennent-ils, l'enquête a été menée en septembre: les intentions d'achat ont pu changer depuis, ou peuvent encore changer. Cela dit (et c'est l'autre surprise de cette enquête) dès septembre, 75% des personnes, interrogées en France pour cette étude... 3 sur 4 estimaient déjà (et à tort, d'ailleurs) que la France était en récession, et que 2012 allait être une année plus difficile encore. Donc, on peut penser que c'est bien conscients des difficultés que les ménages français affirment vouloir dépenser plus, dans les semaines qui viennent. Noël, vu comme la dernière occasion de se faire plaisir... avant la rigueur, la vraie. Conséquence: tous les postes progressent dans les intentions de dépenses: la nourriture du réveillon (on va dépenser 150 euros), les cadeaux (407 euros), les sorties ou les voyages (49 euros). Le tout pour une famille-type. L'enquête va plus loin dans les détails: quels produits (premier prix ou pas), quel mode de consommation (internet ou commerce). Relevons un autre décalage qui saute aux yeux: l'écart entre les cadeaux qu'on souhaite recevoir, et ceux qu'on va faire. Les 2 cadeaux les plus souhaités: de l'argent, ou des livres. Ceux qui seront les plus offerts: les parfums et les cosmétiques. Et c'est nouveau (si haut dans les intentions): de simples chocolats.

En Baisse. A son tour, la Société Générale annonce des bénéfices en forte baisse, ce matin. Un recul de 30%, au 3ème trimestre. Le bénéfice de la Générale se limite à 622 millions d'euros. La Grèce pèse sur les comptes, mais aussi de mauvaises performances sur les marchés financiers. Pour renforcer ses fonds propres (ce que demande l'Europe pour surmonter cette crise), la Société Générale annonce qu'elle va proposer, à ses actionnaires de ne pas leur distribuer de dividendes, cette année.En hausse. Le plan de rigueur de François Fillon n'a pas convaincu les marchés. Le spread, c'est-à-dire l'écart de taux d'intérêt entre l'Allemagne et la France, a frôlé son plus haut niveau historique hier après les annonces du Premier ministre: la France (sur 10 ans) emprunte à 3,1%, l'Allemagne, à moins de 2%.En chute. Cela dit, en Europe, c'est l'Italie qui inquiète le pluss: le taux des obligations italiennes dépasse désormais 6,6%, un niveau considéré comme "intenable" pour les finances publiques italiennes.

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