Un communiqué, hier, du groupe de distribution était rédigé ainsi: Carrefour "n'a pas pour habitude de commenter les rumeurs, mais compte tenue de leur persistance, il dément la cession de ses activités dans les marchés en croissance". En économie comme ailleurs, une telle intervention face à la rumeur est toujours "chose délicate": généralement, elle n'arrive pas à persuader ceux qui la propagent qu'elle est fausse. Effet pervers: en parler, c'est accélèrer sa diffusion! C'est vrai que c'est ce que je vais m'empresser de faire mais, en l'occurence, il s'agit moins de "rumeurs" que de "fuites organisées" dans la presse: le risque ici, c'est donc plus la manipulation que le dénigrement ou la calomnie. Elle est intérressante, en tout cas, cette affaire, parce qu'elle révèle, au sein des actionnaires de Carrefour et de son Conseil d'administration, l'opposition de 2 logiques: l'une purement financière, l'autre industrielle. Depuis une dizaine de jours donc, circule l'information selon laquelle les 2 principaux actionnaires de Carrefour, associés... le Groupe Arnault, de Bernard Arnault détenteur d'LVMH et Colony capital... pousseraient les dirigeants du groupe à se séparer de leurs filiales, installées en Asie et en Amérique de Sud. Depuis, l'information s'est affinée: il ne s'agirait plus que de l'Amérique de Sud. A l'exclusion même du Brésil, si on lit entre les lignes du communiqué d'hier. Les 2 actionnaires, entrés récemment dans le capital du groupe, chercheraient de cette façon à faire rentrer de l'argent frais dans les caisses de l'entreprise, histoire de se payer un peu, sur un investissement qui pour l'instant s'avère plutôt "mauvais": ils ont acheté leurs actions autour de 50 euros, elles n'en valent que 30 aujourd'hui! Problème: une telle solution va à l'encontre de la stratégie de développement du groupe à l'étranger précisément dans les pays émergents, à fort potentiel. Stratégie défendue par d'autres administrateurs. Les analystes qui s'expriment sur le sujet sont nombreux à dire que vendre ces filiales enverraient un très mauvais signal. Carrefour pourraient perdre même, à l'occasion, sa place de n°2 mondial! On en est là, semble-t-il, aujourd'hui. La décision finale pourrait être prise bientôt. Un Conseil d'administration doit se réunir avant le 15 octobre. Philippe Séguin digère mal la baisse de la TVA dans la restauration. Le président de la Cour des comptes présentait, hier, un premier rapport sur la mesure mise en place cet été par le gouvernement. On a déjà tous remarqué que sur l'addition, la répercussion de cette baisse n'est pas franchement au rendez-vous. Philippe Séguin souligne, pour sa part, que l'effet sur l'emploi, dans le secteur de la restauration, sera lui aussi plutôt limité. A long terme, 6 000 emplois (seulement) devraient être créés alors que les restaurateurs ont promis 40 000 postes supplémentaires (moitié CDI, moitié contrats d'apprentissage). L'or, toujours. Nouveau record pour l'or, hier: presque mille 50 dollars l'once. La chasse aux niches fiscales est rouverte. C'est Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée qui l'a annnoncé, hier. Il se dit prêt, en tout cas, au rééxamen de certaines d'entre elles alors que jusqu'ici la consigne c'était plutôt "on attend". Députés et sénateurs vont pouvoir multiplier les propositions à l'occasion de l'examen du Budget 2010. Ces réductions d'impôts, qui ne sont pas toutes de même nature, dépasseront les 72 milliards d'euros, l'an prochain.

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