Il fait le bonheur des profs d’économie. Et à l’inverse, c’est la "bête noire" de Michel Pébereau, le patron BNP-Paribas, qui a souvent fait part de son agacement devant l'influence (néfaste, selon lui) du journal. Alternatives Economiques fête ses 30 ans. Pour l’occasion, le journal, ce mois-ci, s’offre une nouvelle formule "plus moderne, plus lisible, plus chaleureuse" (c'est généralement ce qu'on dit), mais qui, dans le cas d'AlterEco ne transforme pas radicalement le journal: il reste ce mensuel sobre, sérieux, qui aborde des questions économiques de fond ("Chômage : comment s’en sortir", c’est le dossier du mois, par exemple). Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est, donc, tout sauf une grande tranche de rigolade... sauf que c’est un succès qui ne se dément pas: d'où l'idée d'en parler ce matin. D’abord très confidentiel (mais "porté" par les profs d’éco qui conseillaient sa lecture à leurs élèves), le journal, dans les années 90, il a conquis le grand public: un bond de 40 mille à 100 mille exemplaires vendus chaque mois. Puis, une nouvelle accélération, ces dernières années, avec des ventes en kiosques en très forte hausse. "On a beaucoup profité de la crise" doit reconnaître Philippe Frémeaux, qui vient, tout juste, de quitter la direction de la rédaction. Peut-être plus que d’autres journaux, dit-il parce que "la chute de Lehman Brothers" a validé certaines des thèses du journal comme "les dangers du capitalisme financier". Alternatives Economiques est né à la fin des années 80, quand Thatcher et Reagan prenaient le pouvoir. La "révolution libérale » commençait, sur le mode « il n’y pas d’autres politiques possibles ». C'est contre cette idée que s'est bâti le journal, qui jusque dans son mode d'organisation se veut différent, "alternatif". "Alter Eco", c'est une SCOP... une coopérative détenue par ses salariés, et c'est unique dans la presse, à ce niveau de tirage et de diffusion. Chaque mois, les journalistes et les autres personnels donnent 2% de leur salaire pour les transformer en part sociale, en action de la SCOP. Des actions qu'il ne pourront revendre qu'à l'entreprise. Et sans plus-value. On est, décidément, loin du CAC40. L'incroyable volte-face d'un syndicat de la RATP. L'UNSA-RATP, qui regroupe les conducteurs des métros parisiens, des RER, des bus et des tramways... l'UNSA-RATP a décidé, finalement, de ne déposer AUCUN préavis de grève pour mardi prochain. Le syndicat, pourtant, il y a quelques jours encore, semblait prêt à suivre les autres organisations-maisons dans un mot d'ordre de grève "illimité". La "volte-face" est, donc, totale. Le responsable de l'UNSA-RATP, après consultation de sa base, estime que l'usure des grèves de 24h "à répétition" est très forte. Il estime, surtout, que le "coeur n'y est plus". "Les troupes n'y croient plus", dit-il. Son syndicat, chez les conducteurs, fait jeu égal avec la CGT. Sa décision pourrait, du coup, limiter les perturbations dans le métro parisien, la semaine prochaine. En hausse, toujours. L'euro à 1 dollar 40, hier. Pour la première fois depuis 8 mois. L'euro fait les frais de la "guerre des monnaies" en cours. Dénoncée par le FMI. Le Japon, les Etats-Unis et la Chine laissent filer leur monnaie, ou la maintiennent au plus bas, pour relancer leurs exportations et leurs économies.

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