C'était la semaine dernière: l'agacement d'un ministre, après la publication, mercredi, par le journal Le Monde, du projet du gouvernement sur la compétitivité (vous vous en souvenez, peut-être encore: le basculement progressif de 40 milliards d'euros de cotisations patronales, sur la CSG. Tout le monde, alors, en parle, et ce ministre se montre très agacé: pas en raison de la publication de ces informations, mais parce qu'elles sont fausses, selon lui! "L'Elysée, lâche-t-il, se croit malin en balançant ça en guise de "contrefeux" au mouvement des "pigeons", mais ça va lui revenir en boomerang parce que ce n'est pas du tout le projet qu'on a en tête". La confidence a le mérite d'être claire. Elle confirme un sentiment persistant depuis quelques temps: le gouvernement n'est plus vraiment tenté par un "choc de compétitivité". Un "choc" qui passerait, en tout cas, par une révolution fiscale, tant souhaitée par les patrons. Et les derniers chiffres de l'INSEE, annonçant une croissance zéro pour de longs mois encore, a, sans doute, fini de convaincre ceux qui, au plus niveau de l'Etat, doutaient sérieusement de l'opération. En tout cas, du moment pour la lancer. Publiquement, c'est Arnaud Montebourg qui a été le plus direct. Hier, le ministre du redressement productif s'est dit "totalement opposé" à un basculement des cotisations patronales sur la TVA et même sur la CSG, "les familles perdraient du pouvoir d'achat" a dit le ministre. Qui propose un tout autre système. "Incitatif", selon lui. Les baisses de charges patronales ne seraient accordées qu'aux entreprises qui investissent. Le dispositif serait financé en taxant les secteurs qu'Arnaud Montebourg décrit comme "abrités", c'est-à-dire protégés de la concurrence internationale: le secteur bancaire, et le secteur immobilier (pense-t-il à taxer les résidences principales, il n'en dit pas plus). Autre idée du ministre du redressement productif: introduire, enfin, une taxe carbone aux frontière de l'Europe. On ne sait pas si Louis Gallois, chargé de rédiger le rapport tant attendu sur cette question, retiendra les idées du ministre. Rien n'est moins sûr: un conseiller de Matignon a confié à l'un de ses visiteurs, la semaine dernière: "son rapport, Louis Gallois ne l'a, peut-être, pas encore écrit mais, dans sa tête, il sait exactement ce qu'il va dire!".

A vendre. La Fnac, peut-être, bientôt en bourse. Ce serait, finalement, la solution retenue par PPR, le groupe de Pinault. Depuis presque 2 ans, on sait qu'il veut se séparer de la Fnac, ainsi que son pôle de ventes par correspondance, avec La Redoute. Ce recentrage de PPR sur le luxe doit lui permettre de remonter son cours de bourse. Pour la Fnac, l'opération passera par ce qu'on appelle (comme pour les séries télé) un "spin off": une séparation avec une introduction en bourse.A raboter. Selon les Echos, le gouvernement recule totalement sur la taxation des cessions d'entreprises, dénoncée par les "pigeons". Le maintien du régime actuel (taxe à 19%) devrait concerner, non seulement les créateurs d'entreprises, mais aussi les investisseurs, c'est-à-dire les détenteurs d'une part "significative" de l'entreprise vendue.A voir. Le MES, le Mécanisme Européen de Stabilité, lancé officiellement aujourd'hui. C'est le nouveau fonds inventé pour sauver les pays de la zone euro en difficulté: il sera doté, dans l'immédiat, d'une capacité d'action de 200 milliards d'euros.

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