Le 19 juin dernier, c'est avec un gros "NO", écris en gras et en rouge sur les écrans que Michel Combes, le tout nouveau patron d'Alcatel-Lucent accueuillait les analystes financiers et les journalistes conviés à la présentation du nouveau plan de sauvetage de l'entreprise, le "plan Shift". "No" lâchait-il d'entrée dans un anglais à décomplexer n'importe qui, à propos de son accent... "non, il ne s'agit pas d'un énième plan, comme Alcatel-Lucent en connaît depuis 10 ans". Celui-ci va "changer l'entreprise", expliquait, longuement Michel Combes. A ce stade, en juin dernier, il n'était question que de "stratégie", pas encore des conséquences sociales. Mais le patron d'Alcatel-Lucent prévenait: les "décisions difficiles" viendront à l'automne. Nous y sommes. Aujourd'hui, le groupe franco-américain va annoncer la suppression de 10 mille emplois, à travers le monde. Au moins 900 en France. "Jusqu'ici les plans de restructuration s'enchaînaient, chez Alcatel. Désormais ils se chevauchent" lâchait, hier soir, résigné, le représentant CFDT de l'entreprise. Le plan précédent, appelé "Performance", lancé en juillet 2012 prévoyait 5 mille suppressions de postes. Il n'est pas encore totalement achevé que le suivant vient s'ajouter. "Pour les salariés... ceux qui pouvaient se dire qu'ils étaient sauvés, c'est une nouvelle vague d'anxiété qui arrive" décrit-il. Ce sera, en fait, le 6ème plan depuis la fusion du Français Alcatel et l'Américain Lucent... un 6ème plan de restructuration pour un mariage raté. Alcatel-Lucent n'a pas gagné d'argent depuis 2007. Le nouveau patron, Michel Combes, arrivé en début d'année, a donc annoncé la couleur d'entrée: fini les mesures d'économies, certes très douloureuses.. mais qui ne tranchaient QUE dans les effectifs! Son plan "Shift" définit, lui, une stratégie: Alcatel-Lucent se recentre sur 2 secteurs jugés porteurs: les réseaux pour les entreprises (les réseaux IP, via internet) d'une part, et de l'autre, le très haut débit dans le mobile (la fameuse 4G) et dans le fixe (la fibre optique). Et en tire les conséquences sociales. Dans un secteur (celui des telécoms) qui ressemble à un cimetière (des marques disparues: Nortel, Motorola... des milliers d'emplois détruits... et une Europe technologique à la traîne), "Shift" ressemble au plan de la "dernière chance" pour Alcatel-Lucent. Pour la suite, beaucoup parient sur un nouveau mariage. Avec Nokia, pourquoi pas. Le schéma aurait sa cohérence (industrielle), mais imposerait... une nouvelle casse sociale!

Croisance. La Grèce voit revenir la croissance. Le pays est en récession -sévère- depuis 6 ans, écrasé par l'austérité... mais, hier, son gouvernement a dévoilé un projet de budget, pour l'année prochaine, avec une prévision de croissance calée à 0,6%. C'est encore peu, mais c'est à comparer avec le -4% attendu pour cette année. Surtout, Athènes prévoit un excédent budgétaire primaire, c'est-à-dire hors charge de la dette... un exécedent de près de 3 milliards d'euros. Ca veut dire qu'à partir de 2014, la dette grecque commencerait à diminuer. Elle représente aujourd'hui 174% du PIB, cela dit et pour beaucoup, il faudra passer, malgré ce redressement, par l'effacement d'une partie de cette dette, pour sauver véritablement le pays.Taux. En France, conséquence de l'abandon de la taxe sur l'EBE, l'exédent brut d'exploitation... le gouvernement (pour compenser les pertes de recettes) s'apprête à augmenter l'Impôt sur les Sociétés. Il devrait afficher un taux de 37 à 38%.

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