A l'Elysée récemment, un visiteur de François Hollande a prévenu le Chef de l'Etat: "attention, l'écotaxe version Ségolène Royal va droit dans le mur. Les routiers sont énervés. Ils vont se mobiliser contre elle. Et ils ont raison!". C'est vrai: la colère des transporteurs routiers couve, depuis quelques semaines. Et hier, les 4 plus importantes organisations patronales du secteur ont annoncé toute une série d'actions, des blocages de routes. Une montée en puissance est annoncée: premières opérations, lundi prochain, en Auvergne, en Bourgogne, dans le Limousin et en Poitou-Charentes, avant "de gagner toute la France", promettent-elles. En cause, donc: l'entrée en vigueur prochaine de ce qu'on appelle, désormais, le "péage de transit poids lourds", ou la "Ségotaxe" quand on veut énerver la ministre qui prône une écologie qui ne soit pas punitive. C'est la nouvelle version de l'écotaxe, suspendue il y a un an, pour calmer les "bonnets rouges" bretons, et remodelée par Ségolène Royal à son arrivée au ministère. Les routiers sont formels: cette version-là de la taxe est pire que la précedente. "La Ségotaxe a été bricolée au printemps dernier, dans l'urgence et sans concertation: il faut la retirer" dit un représentant des patrons-routiers. Ségolène Royal, elle, répète que le périmètre de "sa" taxe a été très sérieusement réduit. "On est passé de 15 mille kilomètres de routes taxées, à 4 mille seulement", ce qui, pour elle, doit suffire à calmer les inquiètudes. Sauf que son écotaxe engendre d'importantes disparités régionales. Les routiers ont fait leur calcul: l'Allier va être autant "écotaxé" (comme ils disent) que l'Aquitaine, Midi-Pyrénées, le Languedoc-Roussillon, et Provence Alpes Côte d'Azur réunis. Ils ajoutent: "il ne faut pas croire au nom de ce nouveau péage. "Péage de transit", il laisse penser que seuls les camions traversant la France sont concernés mais "pas du tout" disent les routiers, "c'est bien le transport local de marchandises qui va être fortement taxé. Par exemple, sur le périphérique parisien, où les camions qui circulent le font pour des dessertes locales". Conclusion sévère d'un observateur: "Ségolène Royal essaie de faire croire que c'est l'écotaxe, elle-même, qui a été mal lancée, dès son origine. Or, c'est bien sa version à elle qui, aujourd'hui, pose un gros problème".

D'accord. Le FMI donne raison au gouvernement français. Le Fonds Monétaire International, hier, a abaissé quasiment l'ensemble de ses prévisions de croissance, à l'exception notable des Etats-Unis. Pour la France, l'organisme international se cale, exactement, sur les prévisions du gouvernement: 0,4%, cette année. Et 1% de croissance, l'année prochaine. Bercy se rassure, même si ces chiffres placent la France à la traine du reste de la zone euro. Plus fondamental, le FMI affirme que les pays qui subissent un ralentissement de leur activité économique ont raison de ne pas adopter des mesures budgétaires supplémentaires pour réduire leur déficit. L'allusion à la France est évidente. Le FMI s'inquiète, en fait beaucoup, de la situation européenne.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.