Etonnante scène, hier soir, dans le 20h de TF1. Laurence Ferrari, qui pouvait se vanter d'avoir la meilleure "affiche" possible, au terme de la journée de mobilisation syndicale, c'est-à-dire 2 invités de premier choix, Bernard Thibault et Eric Woerth... Laurence Ferrari, au cours de son journal, a dû reconnaître que la rencontre n'avait finalement pas pu être organisée. Si le ministre chargé de la réforme était, effectivement bien là, en direct dans le studio, le "patron" de la CGT, lui, avait demandé d'enregistrer l'entretien un peu plus tôt, pour ne pas avoir à débattre avec le ministre. Son explication, à l'antenne, était pour le moins alambiquée: "je ne récuse pas Eric Woerth comme interlocuteur, a dit Bernard Thibault, mais, bon, je préfère ne pas lui parler". On va décrypter, mais d'abord, il faut savoir que la même histoire (ou presque) se joue, en ce moment, pour l'émission "A vous de juger", qu'Arlette Chabot doit présenter, demain soir, sur France 2. Il y a une dizaine de jours, François Chérèque et Bernard Thibault acceptent un débat avec Eric Woerth. Mais ils apprennent, quelques jours plus tard, que le Premier ministre, finalement, s'invite dans l'émission: François Fillon aura le droit, lui, à un entretien, seul, en tête-à-tête avec la journaliste, et ce n'est qu'ensuite que le débat entre Woerth et les syndicalistes se tiendra. "Dans ces conditions, pas question de venir faire le Service Après Vente de François Fillon!" expliquent Chérèque et Thibault, à France 2: si le Premier ministre est là, il devient, de facto, notre interlocuteur. Et Eric Woerth ne compte plus! La production de l'émission propose depuis, pour les apaiser, d'autres formules, comme un système de duplex, qui permettrait une certaine dose de débat. On verra bien demain. Reste que derrière tout ça, il a un vrai agacement, pour une pas dire une vraie petite colère, des leaders syndicaux. En lisant "Le Monde", en fin de semaine dernière, ils ont, en effet, découvert, écrite noir sur blanc, la stratégie médiatique de l'Elysée: la rencontre sur TF1 et le débat de France 2, tout ça devait servir à réhabiliter, à "relégitimer" Eric Woerth, empêtré dans l'affaire Bettencourt. La CGT et la CFDT refusent, donc, d'être instrumentalisées. "Pas question d'enfoncer le ministre" -ils n'appelent, et n'appelleront pas à sa démission-, mais pas question, non plus, de l'aider à refaire surface. Un chien vient, à nouveau, de mordre! Ce chien qui vient de mordre, c'est l'un des fameux "chiens de garde", qui se cachent dans chaque niche fiscale. C'est le lobby qui défend ses avantages fiscaux. Depuis la semaine dernière, je me suis promis de vous alerter dès que l'un d'entre eux montre les dents: c'est le cas avec Canal+, qui vient d'obtenir de Nicolas Sarkozy que sa TVA reste réduite à 5,5%. Bercy envisageait de la remonter à 19,6 mais la chaîne cryptée a menacé de réduire (en représaille) son soutien au cinéma français, et a donc obtenu gain de cause. Un avantage réduit. Toujours au registre des économies: l'avantage Scellier, qui permet de réduire le coût d'un achat immobilier, destiné à la location, va être raboté, selon les Echos, ce matin. De 25% aujourd'hui, il passerait à 13,5%, l'année prochaine. Et à 9%, en 2012.

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