"L'Amérique m'inquiète", c'est le titre d'un livre (un recueil d'articles) signé par Jean-Paul Dubois. Ca commence à dater, il est sorti en 1996. C'est une plongée dans l'Amérique "déglinguée": c'est très réussi mais ça n'a rien à voir avec l'économie. Sauf que cette que petite phrase -l'Amérique m'inquiète-, on l'entend beaucoup en cette rentrée, dans les milieux économiques. Laurence Parisot, par exemple. La patronne du Médef récemment (c'était lors d'un petit déjeuner, avec la presse) ne pensait pas autre chose, se disant sidérée par la violence du débat politique, aujourd'hui, aux Etats-Unis entre Républicains et Démocrates. Sur la question de la dette, cet été, mais pas seulement. Un grand patron français (là, c'était au déjeuner, mais peu importe), lui aussi s'inquiète de l'état de l'Amérique."Je reviens des Etats-Unis, disait-il, "ils sont en pleine déprime. La récession guette, à nouveau. Et ils sentent leur leadership mondial disparaître". Chose impensable dans ce pays, poursuivait-il, on croise des gens qui vous disent "il ne me reste plus qu'à apprendre le chinois et à m'expatrier"'. "L'Amérique m'inquiète", Barak Obama doit le penser également aujourd'hui. Lui qui doit dévoiler, cette nuit, toute une série de mesures anti-chômage. En fait, un vaste plan de relance parce qu'on parle de 300 milliards de dollars (rien que ça). 300 milliards injectés dans l'économie, notamment sous la forme de nouvelles exonérations de charges aux entreprises. L'économie américaine se grippe, à nouveau. Ne créé plus d'emplois (le taux de chômage est à 9,1%) et la crainte d'une nouvelle récession pèse. Bien au-delà des frontières américaines. Hier soir, la Réserve fédérale a tenté de rassurer: "l'économie américaine continue de croître (affrime-t-elle) mais à un rythme modéré". Dans le détail, la FED note que dans certaines régions américaines, l'activité est désormais hésitante. La consommation des ménages américains (traditionnel moteur de l'économie) faiblit. Le marché immobilier, lui, ne se redresse toujours pas. "Ils nous agacent souvent les Américains", disait ce grand patron du CAC 40, mais une chose ne change pas: "quand ils vont mal, on ne sent pas très bien".L'aide à la Grèce "ne fonctionne pas"! Déclaration inquiètante hier du Directeur général du Fonds Européen de Stabilité Financière. C'est lui qui gère, directement, l'argent européen, accordé à la Grèce. Et à d'autres pays en difficulté. Hier, Klaus Regling a publiquement estimé que ce plan d'aide européen "ne marche pas". "Il fonctionne pour l'Irlande, pour le Portugal mais pas pour la Grèce", affirme-t-il. "La Grèce qui ne pourra pas retourner sur les marchés, comme prévu en 2013". Cette déclaration tombe alors que la France, hier, validait sa participation au 2ème plan d'aide, à venir. La France va s'endetter de 15 milliards supplémentaires pour aider Athènes.Ca repart? Fort rebond, hier, des places boursières partout dans le monde. Le CAC 40, à Paris: +3,63%. "Simple rebond technique", disent les spécialistes. L'inquiètude domine toujours.Allo? T'es virée! La patronne de Yahoo!, le portail internet, a été débarquée, hier. Sur un simple coup de fil du président de son Conseil d'administration. Arrivée en 2009, elle n'a pas réussi à redresser le groupe. L'ancien leader cherche, aujourd'hui, sa place, entre Google et Facebook. Le titre Yahoo!, en bourse, a bondit de plus de 5% à l'annonce de cette éviction.

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