Si je vous dis que je vais vous parler de l'état du marché obligataire aujourd'hui, en Europe et ailleurs, il est possible que je fasse fuir beaucoup de monde. C'est pourtant ce que je vais faire mais pour vous appâter, je vais dire aussi que c'est peut-être de la crise d'après-demain qu'il s'agit : le futur krach. Le marché des obligations, c'est celui sur lequel, notamment, se financent les Etats. Ils ont en déficits. Ils ont une dette à rembourser. Le tout fait des milliards et des milliards, et l'un des moyens à leur disposition pour trouver l'argent nécessaire, c'est de se tourner vers le marché. Le marché obligataire. Pour ceux qui ont de l'argent à placer, prêter aux Etats, c'est courir un risque quasi-nul quand il s'agit de l'Allemagne, de la France, des Etats-Unis. Pour d'autres, plus fragiles, le risque est plus grand : les prêteurs réclament donc un taux d'intérêt plus élevé. C'est ce qui est arrivé, hier, à l'Irlande, dont la "note internationale" a été revue à la baisse. Toute la question aujourd'hui, c'est de savoir jusqu'où on va pouvoir aller, dans cette crise, sans que le système craque. C'est évidemment le scénario catastrophe, et c'est pourquoi on a les yeux rivés sur ce marché obligataire. D'autant que les spécialistes ne sont pas dupes : ils savent que les Etats ont un peu tous sous-estimé leurs besoins de financements (ils vont avoir besoin de beaucoup plus que ce qu'ils ne disent). Bref, que les "appels au marché" ne sont pas prêts de s'arrêter. Mais tout ça, donc, a une limite, et on s'en approche. Il y a quelques jours, la Grande-Bretagne a ainsi raté une opération de re-financement. C'était juste avant le G20. Ce "raté" ne serait pas étranger à la décison de Gordon Brown de couper court à tout idée de réclamer, à ses 19 collègues, de nouveaux plans de relance ! Le Médef se plie aux exigences du gouvernement. Laurence Parisot n'en voulait pas, le Médef accepte, finalement (selon "Le Figaro" de ce matin), la création d'un "Comité des Sages", chargé de surveiller la rémunération des patrons. C'est une demande du gouvernement qui se limite, cela dit, aux entreprises qui mettent en place un plan social "d'ampleur", ou qui ont recours "massivement" au chômage partiel. Comme ArcelorMittal, au hasard. Ce Comité des sages sera chargé de veiller à ce que les dirigeants de ces entreprises révisent leurs salaires à la baisse. Aujourd'hui, le Parlement doit définitivement adopter l'amendement Arthuis, qui interdit les parachutes dorés et les "retraites chapeau" aux patrons des entreprises aidées par l'Etat. Les premières pertes de son histoire pour la Caisse des dépôts. Les premières pertes financières depuis 1816, année de sa création. Autour d'un milliard et demi (quand même). Le sauvetage de Dexia, la chute des marchés expliquent, en partie ce résultat. La branche qui gère le Livret A reste "positive", précise la Caisse.

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