C'est le "match dans le match" comme pourraient le dire les commentateurs sportifs. Une bataille sérieuse, "sévère", "lobbys contre lobbys", dit un observateur, menée en arrière plan des débats sur cette réforme du marché du travail. C'est à l'article 1er qu'il faut aller la chercher, cet article qui introduit une complémentaire santé pour tous les salariés. "La carotte" -déjà évoquée ici même- pour faire passer le reste, estime la Gauche de la Gauche: plus de fléxibilité. Une "grosse carotte", cela dit, puisqu'on estime que plus de 4 millions de salariés sont concernés par la mesure. Ceux qui, jusqu'ici, n'avaient aucune couverture complémentaire (ils sont 400 mille environ) et ceux qui vont devoir passer d'une couverture individuelle à une couverture collective, obligeant, au passage, leur conjoint à les suivre. Pour eux, ce basculement, ce sera un "plus": on estime que cette couverture santé collective est, généralement, "meilleure". Surtout, elle revient moins cher, puisqu'elle sera, en partie payée par l'employeur, et, d'une certaine manière, financée aussi par l'Etat, qui abandonne des impôts et des cotisations sociales. Mais, on le comprend vite, ce vaste mouvement à venir, d'ici à 2016, c'est aussi un enjeu considérable pour les professionnels du secteur, qui se disputent, déjà, les parts du gâteau. Cette bataille oppose les assurances privées et les mutuelles d'une part, et les organismes de prévoyance, de l'autre, ces organismes "partitaires", gérés par les syndicats de salariés et d'employeurs qui ont tout fait pour garder la main sur ce marché. Avec un certain succès puisque l'article 1er, tel qu'il va être adopté, leur donne un avantage évident: il laisse aux branches professionnelles la possibilité de désigner quelle complémentaire santé s'imposera à toutes les entreprises du secteur! Economiquement, ça peut se défendre (plus la base d'une assurance est large, mieux le risque est couvert), mais dans la pratique, les partenaires sociaux qui signent les Accords de branche seront évidemment poussés à choisir les organismes de prévoyance que, par ailleurs, ils gèrent! Avec ce gros "non-dit": ces organismes servent parfois, en retour, à financer leurs activités... syndicales! L'Autorité de la concurrence avait prévenu avant l'ouverture des débat à l'Assemblée: attention, a-t-elle dit, "il y a comme une certaine proximité entre ceux qui négocient et ceux qui gèrent". Les députés, pour contrer l'argument ont introduit, des garde-fous mais déjà, les mutuelles et les assurances envisagent des recours. En justice, au Conseil constitutionnel. Le "match dans le match" se poursuit.

Alerte! On commence avec le cri d'alarme de l'Organisation Internationale du Travail. L'OIT évalue l'immense perte d'emplois constaté depuis le début de la crise, en Europe. L'Organisation estime, qu'aujourd'hui, il faudrait créer 6 millions d'emplois nouveaux, sur notre continent, pour revenir au niveau d'avant crise (fin 2008). 26 millions d'Européens sont au chômage aujourd'hui. Le chômage de longue durée et le chômage des jeunes deviennent structurels. L'OIT estime que la dégradation de la situation s'est accélérée depuis le lancement, partout en Europe, des politiques d'austérité.

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