Hier, comme prévu, il a confirmé son geste pour les ménages modestes. Confirmé, également, ses mesures en faveur des entreprises. Sur l'Europe, en revanche, il est resté plus ambigü. Et sur les économies à réaliser pour financer sa politique, il est resté encore très flou. Matteo Renzi -il s'agit de lui, le Président du Conseil italien- présentait, lui aussi, hier, son programme économique et politique. Depuis son arrivée au pouvoir, il y a 2 mois, il est devenu la référence préférée des Socialistes français. On est peu surpris, du coup, du parallélisme des 2 discours d'hier, mais avec cela dit, une différence de taille: le rythme proposé. Manuel Valls, après sa nomination, avait promis d'accélérer, après la journée d'hier, on constate qu'il est encore largement distancé par son homologue italien. Quand le Président du Conseil italien annonce des mesures immédiates, les propositions du Français s'étalent jusqu'en 2020. C'est la cas de la promesse de ramener le taux de l'impôt sur les Société à 28%. Concernant la mesure pour les ménages les plus modestes, les dispositifs, italien et français, sont relativement proches, bien que plus généreux en Italie. Une réduction d'impôt de 80 euros par mois, pour 10 millions de foyers italiens, d'un côté, une baisse de charges pour les smicards et ceux payés un peu au-dessus, pour un gain de 40 euros mensuels pour les Français. Mais, côté italien, la mesure prendra corps, dès le mois prochain. En France, il faudra attendre le 1er janvier prochain. De l'autre côté des Alpes, c'est clair: l'idée est de provoquer un choc, un électrochoc: un "blitz économique" a-t-on lu. A Paris, il s'agit de mesures aux effets progressifs. Cette différence s'explique assez facilement, en fait: en Italie, la croissance est très faible mais des marges budgétaires existent. En France, c'est l'inverse: la reprise paraît plus ferme (elle est "un feu naissant qu'il faut entretenir" a dit Manuel Valls, hier) mais les marges de manoeuvre sont nulles. Hier d'ailleurs, comme un pied de nez, pour ne pas dire plus, à la France, le gouvernement Renzi, contre toute attente, a maintenu son objectif de déficit à 2,6% pour la fin de cette année. Le ministre italien des Finances a même enfoncé le clou, semblant rejeter toute idée d'un axe franco-italien contre Bruxelles, qu'aurait pu espérer Manuel Valls: "l'Italie respectera les limites budgétaires fixées par l'Union, a-t-il dit pour rester en position de force avant d'aller négocier leur modification".

Mieux. Le Fonds Monétaire International voit la croissance revenir en France. Le FMI dévoilait, hier, son rapport de printemps sur l'économie mondiale, au moment même où à Paris, Manuel Valls prenait la parole à l'Assemblée. Pour la France, le FMI annonce un léger mieux: une croissance à 1%, cette année, en retrait par rapport à ses voisins. Mais, l'année prochaine, avec 1 et demi%, la France devrait rattraper le rythme de croissance de la zone euro et même de l'Allemagne.Pire. Pour le reste du monde, le FMI s'inquiète des risque de déflation en Europe et des répercussions de la crise ukrainienne.Faux. Sur l'euro "trop fort" dénoncé, hier par Manuel Valls: la réponse de Christian Noyer, n'a pas tardé. Pour le gouverneur de la Banque de la France, le Premier ministre fait une "erreur de diagnostic": "c'est l'attrait de la zone euro" qui explique le niveau de sa monnaie.

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