Comment va le secteur bancaire ? Trois mois ou presque, après la chute de Lehman Brothers qui a tout déclenché, on peut faire un petit check-up et disons-le d'entrée, ça ne va pas très fort, même si les grandes banques affichent des résultats trimestriels qui restent positifs, et pour certaines d'entre elles, encore largement. Oui, mais voilà l'un des indices -le plus visible-c'est leurs cours de bourse, et là, c'est toujours la catastrophe. Depuis le 1er janvier, c'est -40% pour la BNP, -55% pour le Crédit agricole et même -60% pour la Société générale. La confiance n'est pas revenue. Et c'est aussi vrai sur le marché interbancaire, celui qu'on observait à la loupe au pire moment de la crise. C'est là que les banques se prêtent entre elles des miliards et des milliards, pour réaliser leurs opérations quotidiennes. En septembre, en octobre, il s'était totalement bloqué... on avait peur de prêter à une banque qui pouvait disparaître à tout moment. Aujourd'hui, ce marché interbancaire fonctionne, mais les taux d'intérêt pratiqués restent encore élevés : c'est le signe que le "retour à la normale" n'est pas encore là. Qu'est-ce qu'il faut en déduire ? Peut-être que tous les cadavres ne sont pas encore sortis du placard ! "Les Echos" révélaient, ainsi hier, que le Crédit Mutuel - le "si sage" Crédit Mutuel - avait sans doute perdu 500, voire 700 millions d'euros dans la faillite de Lehman Brothers. La Banque Postale a reconnu, récemment, une perte, dans les mêmes conditions, de 60 millions. Du coup, on s'étonne moins du "ouf" de soulagement, hier, quand Bruxelles a finalement validé le plan français d'aide aux banques : 10 milliards et demi d'euros. Une somme bientôt doublée, puisqu'un 2ème plan est déjà à l'étude. Le malade reste, donc, en observation. Pas encore à la Maison Blanche, Barack Obama redonne confiance à la bourse ! Ca ne durera, peut-être, qu'une journée, mais hier, les places boursières du monde entier ont très, très bien accueilli la promesse d'Obama de lancer, dès son entrée en fonction, un vaste programme d'investissements publics, "le plus vaste depuis les années 50" a promis le président élu. Résultat : à New York, le Dow Jones a pris quasiment 4%. Paris s'est envolé : un bond de presque 9%. Tokyo vient de terminer sur une petite hausse de 0,8%. La récession -plus forte que prévue- vient d'être confirmée au Japon. Et Sony annonce, ce matin, la suppression de 8 mille emplois. Déjà remballé. Le Sénateur Marini a finalement retiré, hier, son amendement qui proposait de déduire des impôts une partie des pertes financières, subies en bourse. Le tollé était quasi-général. "Peut-être que mon amendement n'est pas dans le politiquement conforme du moment" a déclaré le sénateur. La relance, déjà ! A l'assemblée aujourd'hui : les premières mesures du Plan de relance de Nicolas Sarkozy. Le doublement du prêt immobilier "à taux zéro", notamment.

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