"Doucement", parce qu'on est pas dans la configuration de 2008, avec une flambée rapide (en quelques mois). "Sûrement", parce que (tous les spécialistes le disent), la tendance est claire, nette. Et elle n'est pas près de s'inverser. Hier, alors qu'on l'avait laissé tomber depuis le blocage des raffineries, au plus fort de la mobilisation contre la réforme des retraites, le prix des carburants est venu se rappeler à notre bon souvenir. A la faveur des chiffres publiés par la Direction générale de l'Energie et du Climat. Le prix du gazole, le carburant le plus consommé, en France, a atteint son niveau le plus haut depuis 2 ans: 1 euro 20, le litre, en moyenne, sur le territoire français. Une hausse de 13% depuis le début de l'année. Le super-sans plomb 95 s'approche, lui, de 1 euro 40, en moyenne nationale. Avec un record parisien relevé à 1 euro 69! 3 explications sont avancées, pour expliquer cette nouvelle et durable augmentation des tarifs à la pompe. La première, c'est évidemment le prix du brut. Il ne cesse d'augmenter depuis 1 an. Il oscille aujourd'hui, autour de 90 dollars, le baril. Il était à 75 dollars, en janvier. Pour 2011, les perspectives ne sont pas rassurantes pour les automobilistes. Tous les experts (je vous rassure: ce sont les mêmes qui pourraient nous expliquer, dans quelques mois, pourquoi ils se sont trompés, mais bon, à ce stade) tout le monde anticipe une demande mondiale de pétrole en forte hausse, notamment en Asie. Pour certains, le "pic" historique de consommation de l'avant-crise (en 2007) pourrait même être dépassé, l'année prochaine. Et comme dans le même temps, on ne sent pas l'OPEP prête à produire davantage, tout porte à croire que la tendance va restée "à la hausse". La deuxième explication, c'est le nivau de l'euro. Merci l'Irlande... A 1 dollar 40, au début de l'année, la monnaie européenne s'échangeait à 1 dollar 32, hier. Mécaniquement, ce recul renchérit le prix du brut, payé en dollar. La 3ème explication, c'est le froid. Je sais, c'est agaçant parce que l'été, on nous dit que c'est la chaleur. Là, c'est, donc, l'arrivée précoce du froid qui est mise en avant. La demande de fioul est forte. Elle fait grimper les prix. Et comme le gazole est un produit très proche du fuel, il augmente lui aussi. L'"image-prix" des grandes enseignes du commerce se dégrade. C'est la perception que nous avons -nous, consommateurs- des tarifs pratiqués dans les magasins (ce n'est pas forcément la réalité des étiquettes. Une étude est publiée, ce matin, et elle montre que 3 quarts des enseignes, en France, voient leur image-prix se dégrader. Seules quelques unes s'en sortent, et préservent leur réputation "bon marché": c'est Ikéa, Kiabi, Decathlon, Séphora. Et du côté des magasins alimentaires: Auchan et Leclerc. Mais, les vrais champions, c'est sur internet qu'on les trouve. Les Français estiment que sur le Net, les prix sont 10% moins chers qu'ailleurs. Hors alimentaire, parce l'alimentaire sur le Net, en revanche, est jugé comme "catastrophique". Au moins 20% plus cher qu'en magasin.

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