Cette nuit, les dirigeants européens ont, peut-être sauvé l'euro, mais pas forcément l'Europe! Oui, parce qu'il n'y aura pas d'Accord à 27. David Cameron, au nom du Royaume-Uni a refusé de s'engager dans la voie d'une révision des Traités européens. "C'était une décision difficile à prendre mais c'est une bonne décision", a dit, cette nuit, le Premier ministre britannique. Nicolas Sarkozy a expliqué, lui, un peu plus tôt, que les conditions avancées par les Britanniques, pour s'engager dans le processus, étaient "inaceptables". David Cameron réclamait que son pays (autrement dit, la City de Londres) soit exempté de toutes les décisions concernant le secteur financier. Un autre pays, cette nuit, a refusé catégoriquement de se joindre au mouvement: c'est la Hongrie. Résultat: il n'y a aura pas de révision des Traités. Et on s'oriente vers un Accord intergouvernemental. A 23, peut-être 25. Il s'agit des 17 pays de la zone euro + 6 autres. Les 6 pays qui souhaitent, à terme adopter la monnaie unique. La Pologne, notamment. Le Danemark, qui bénéficie (comme le Royaume-Uni) au sein de l'union, d'une clause d'exemption, serait prêt également à signer. La Suède et la République tchèque réservent leurs réponses, le temps de consulter leur Parlement ou leur coalition gouvernementale. Au final ce matin, le Royaume-Unis paraît extrêmement isolé.Sur le fond de l'Accord, ce sont les mesures franco-allemandes, adoptée lundi à Paris, qui vont s'imposer. Les dirigeants européens sont allés de reposer. Mais ils doivent se retrouver, très vite tout à l'heure, pour une nouvelle journée de négociations. Il s'agira de fixer les détails de futur Accord intergouvernemental. Nicolas Sarkozy, cette nuit, a affirmé que la totalité des propositions franco-allemandes seront validées. On les connaît, depuis lundi. Il y en a 5:- le renforcement de la discipline budgétaire, avec la mise en place de sanctions "automatiques" en cas de dérapage,

  • l'adoption, dans chaque pays, d'une "règle d'or" renforcée et harmonisée,- une plus grande coordination des politiques économiques, notamment la signature d'une nouvelle Convention fiscale au niveau européen, selon Herman Von Rumpuy, cette nuit. L'Accord devrait aussi acter le fait qu'on n'obligera plus, à l'avenir, le secteur privé à participer à un plan de sauvetage d'un pays européen qui viendrait à faire défaut. Enfin, le texte fixe les conditions de fonctionnement du futur Fonds de secours européen.Une "surprise", cette nuit: la Banque Centrale Européenne, s'implique. Mais -attention!- pas comme beaucoup l'espéraient en annonçant qu'elle va racheter massivement de la dette européenne, ce qui permettrait une détente sur les taux d'intérêt. C'est la solution que beaucoup préconisent mais Mario Draghi n'en veut toujours pas: il l'a redit, hier, déprimant les places boursières. En revanche, cette nuit le président de la BCE a proposé de "piloter", lui-même, le futur Mécanisme Européen de Stabilité. C'est, clairement, une solution de compromis: la BCE montre qu'elle agit, mais sans violer ses règles. Pas sûr que ça suffise aux marchés. Enfin, à signaler: cette autre décision de la nuit. L'Europe va prêter 200 milliards d'euros au Fonds Monétaire International. L'Accord devrait être finalisé "dans les 10 jours". Une "usine à gaz" en fait, puisque cet argent, prêté par les Européens, devra servir à aider les pays européens en difficulté! Mais, en faisant ainsi, on contourne le refus allemand de permettre à la BCE d'intervenir directement.
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