Juste après la publication du premier article du Canard Enchaîné, celui révélant les travaux dans son appartement de fonction, Thierry Lepaon semblait totalement "abattu, sonné", selon un témoin. A ce moment-là -on est alors fin octobre-, il ne savait pas encore ce qui allait suivre: d'autres révélations (sur le prix de la rénovation de son bureau, sur ses indemnités touchées au moment de son passage de sa région à la confédération, le déferlement, également, de témoignages accablants d'anciens camarades. Mercredi soir dernier, plus d'un mois après le début de cette tempête, "ce n'était toujours pas la grande forme", raconte le même témoin, mais Thierry Lepaon paraissait "requinqué", prêt à se battre, en tout cas, pour rester à la tête de la CGT. Mercredi soir, c'était juste après une réunion, informelle, organisée à la Confédération, à Montreuil. Thierry Lepaon y a réunit les patrons de plusieurs fédérations de son syndicat, parmi celles qui pèsent le plus. Au cours de cette réunion, le n°1 de la CGT se serait à nouveau expliqué, aurait testé ses soutiens, certains affirment qu'il aurait même négocié une sorte de pacte (son maintien jusqu'en 2016, contre la promesse de soutenir un successeur). En tout cas, il aurait fait passer ce message: "si je pars, ce sera le retour de la guerre des chefs, comme lors du départ de Bernard Thibault, et la CGT ne peut pas se le permettre". L'argument a fait mouche: vendredi dernier, Thierry Lepaon a regagné quelques soutiens. Et c'est encore cet argument qu'il compte agiter, aujourd'hui, alors qu'une instance plus large, la Commission exécutive, doit, à nouveau, se pencher sur son cas. C'est elle, qui recevra, tout à l'heure, les premiers résultats de l'enquête interne menée sur toutes ces affaires. Sur les travaux divers et variés, pas de révélations à attendre: tout va être confirmé. On sait, désormais, quelle photocopieuse de la confédération a été utilisée pour réaliser les copies des factures... C'est sur les indemnités de "faux-départ" (comme on les appelle) qu'il pourrait y avoir du nouveau. On pourrait découvrir que d'autres ont bénéficié de ces largesses, que c'est une pratique courante, en fait, à la CGT, une manière d'indemniser les militants qui connaissent des périodes de chômage. Plus étonnant dans le cas de Thierry Lepaon, ce serait la confédération qui les aurait déboursées. Donc, pas l'employeur qu'il quittait, mais celui qui l'embauchait! Techniquement, il ne s'agit plus d'indeminités de départ, mais d'un "chèque de bienvenue"!

Un "léger mieux" sur le marché de l'emploi. Un signal "tout petit", mais qui est bon à prendre dans la morosité ambiante. L'entreprise d'intérim Manpower publie, ce matin, son traditionnel Baromètre sur les perspectives d'emplois. Elles sont en hausse de 5%, pour les prochains mois. C'est du jamais vu depuis début 2008, c'est-à-dire avant le début de la crise financière. Il y a manifestement un effet de rattrapage, mais aussi des anticipations meilleures dans les entreprises qui exportent, effet de la baisse de l'euro et de la baisse du prix des carburants.

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